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Haut-Katanga : la province se meurt avec des dettes contractées jusqu’en 2027 (Georges Mawine)

S’exprimant à cœur ouvert au cours d’une sortie médiatique ce lundi 26 juin 2023 à Lubumbashi, Georges Mawine, ancien ministre des mines a démontré que la province se meurt à cause des plusieurs maux qui la rongent dûs simplement aux différents types de « contrats de nantissement et des dettes contractées parl’autoritéprovinciale ».

« La province du Haut-Katanga a des dettes partout. Il y a une société qui est en train de prendre tout l’argent qu’on produit ici. Il y a des contrats qu’ils ont signé jusqu’en 2027, des contrats de route de 16 ans. Et avant d’arriver à cette signature, les initiateurs se retrouvent déjà et ferment les yeux. Même le gouverneur qui viendra après Kyabula, c’est un gouverneur qui va souffrir, qui va trouver une province endettée. Une chose qui n’a jamais existé dans le Haut-Katanga. Aujourd’hui, la province du Haut-Katanga est en déséquilibre totale suite au nantissement et aux dettes », regrette Georges Mawine.

Il affirme qu’avant qu’il ne soit plus reconduit au gouvernement provincial du Haut-Katanga, la province lui devait 3 mois d’arriérés de salaire sans ajouter les indemnités de sortie qui n’ont jamais été payées par le gouvernement Kyabula. Une situation devenue générale, à cause des dettes signées avec certaines sociétés de construction des routes.

« A propos de l’impaiement, je suis victime aussi. J’ai quitté le gouvernement provincial sans indemnités de sortie. Comment on peut me payer mes indemnités de sortie au moment où la province me doit plus de trois mois d’arriérés de salaire. Voilà pourquoi on parle d’une province en faillite. Avant on parlait des entreprises en faillite mais aujourd’hui nous sommes en train de vivre dans le comment parce qu’une province est en déséquilibre totale. Lorsqu’on veut payer les agents, on demande à une banque un découvert. Or un découvert est une dette », démontre Georges Mawine avec regret.

Du ministère des mines au commissariat de l’énergie, Georges Mawine déclare qu’il a été changé à la tête de ce ministère à cause de sa rigueur imposée dans la gestion de la redevance minière que recevait la province. Chose qui lui a créé des ennuis avec l’autorité en place. Il a fustigé également le fait qu’il a été nommé au commissariat de l’énergie où il n’avait ni bureau ni sceau.

« D’abord j’étais ministre des mines avec un bilan qui n’est pas à démontrer. Allez à la traçabilité des produits miniers pour qu’on vous dise ce que Mawine a fait et ce qu’il n’a pas fait. Je me sens très réjoui du temps que j’ai passé à la tête de ce ministère où j’ai eu à relever le ministère que j’ai trouvé sans vision. Et il y a eu un moment où je me suis retrouvé avec un commissariat en charge de l’énergie sans bureau et sans sceau. Cela a été une façon de se débarrasser de moi au sein du gouvernement pour des raisons que les gestionnaires de la province peuvent expliquer », a-t-il fait savoir.

Évoquant la gestion des fonds de la redevance minière, Georges Mawine a précisé que sur la répartition des 25 pourcent sur les 100 de la redevance minière, il n’a jamais vu où ces fonds sont gérés pour le Haut-Katanga surtout lorsqu’il gérait le ministère des Mines. Il a appelé les députés provinciaux et l’Inspection générale des finances (IGF) à interpeller le gouverneur de province pour expliquer où sont investis ces frais et quelles sont les réalisations palpables dans la province.

« A propos des 25% de la redevance minière que reçoit la province à la fin de chaque mois, moi j’ai géré ce ministère. C’est là où la population doit comprendre. Un ministre provincial des mines n’intervient pas dans la gestion des 25% des redevances minières. Cet argent est directement versé dans le compte du gouvernorat de province où c’est géré par son chef exécutif. Ce sont les fonds qui doivent servir aux activités à impact visible sur le plan social. Construire telle route, telle école… Les députés provinciaux, ce sont eux qui doivent nous expliquer. Vous trouvez normal que bientôt 5 ans, le gouverneur n’a jamais été interpellé à l’Assemblée provinciale. Nous qui avions été des ministres, nous avions défilés là-bas pour aller répondre aux questions qui ne nous concernaient pas. C’est là où je profite pour interpeller les députés provinciaux, c’est de votre responsabilité. Les impaiements au niveau du gouvernement provincial, l’exécutif doit vous expliquer », a-t-il déclaré.

Face à cette situation, l’ancien ministre des Mines dans le Haut-Katanga a regretté aussi la situation du prix de la farine de maïs, aliment de base dans le Haut-Katanga, qui ne baisse pas. Pour ceux qui vont l’attaquer après cette sortie médiatique, Georges Mawine a souhaité un débat télévisé avec un représentant du gouverneur pour parler de sa gestion.

« Aujourd’hui nous sommes pendant la période de récolte, le sac de farine de maïs nage de 50 à 60.000 FC. Vous trouvez ça normal avec cette allure. Campagne électorale au mois de décembre, les gens vont connaître une campagne affamés ! Tout ça, c’est le manque de la politique. Le président de la République a besoin des résultats de votre travail et pas des explications. Je dois chuter en demandant à tous les fanatiques, djalelos qui vont vouloir me répondre par des injures moyennant des miettes, je préfère organiser un débat scientifique contradictoire sur la gestion de la province pour permettre à population de nous suivre », a conclu Georges Mawine.

 Pour l’heure, Mawine qui se considère véritable défenseur du président Félix Tshisekedi se dit prêt à aller jusqu’au bout afin que les pilleurs de la province soient mis à l’écart, car ajoute-t-il, laissez perdurer cette situation, c’est travailler pour faire haïr le président de la République.

Hugues Mulumba

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