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RDC : Laurent-Désiré Kabila, entre nationalisme et radicalisme (Tribune de Didier Likele)

Le 16/01/2001 mourrait le Chef de l’État congolais Laurent Désiré KABILA, assassiné dans sa propre résidence et par son propre garde du corps. Au pouvoir depuis 1997 après avoir renversé le président Mobutu avec l’aide des quelques voisins de l’Est, notamment le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi avec la bénédiction des occidentaux à l’ époque, décidés de sortir Mobutu du pouvoir dans un contexte de chute du bloc communiste.

Nationalisme

Déjà alors que Mobutu régnait en maître sur le Zaïre, Laurent-Désiré Kabila a tenté plusieurs rébellions notamment celle de Moba I ( 1984) et Moba II (1985) avec son Parti de la Révolution du Peuple (PRP) en vue de renverser cette dictature puis contraint après son échec, de vivre dans son maquis de Fizi jusqu’à cette nouvelle opportunité à travers l’AFDL en 1996.

Il est reconnu notamment pour sa bravoure, son nationalisme, son indépendance d’esprit, sa rigueur dans la gestion de la chose publique, son franc parler et son excès d’amour pour sa patrie.

Il n’a pas hésité de s’opposer à nos partenaires traditionnels pour l’intérêt supérieur de la Nation congolaise parfois sans aucun filtre dans le langage. Ce qui lui a coûté une deuxième rébellion en 1998 (RCD) et un peu plutard son assassinat !

Laurent-Désiré Kabila est un bel exemple à suivre pour la jeune classe politique car il incarnait la révolution mentale, le courage politique, le franc parler, et surtout l’amour de la patrie.

Radicalisme

Le radicalisme est un choix politique qui est lié aux idéaux politiques et à la personnalité d’un acteur politique. Notre héros national semblait réunir les deux. Mais la première question qui se pose est de savoir si c’est une approche (radicalisme) qui est favorable pour l’individu et pour la nation ?

La réponse est « oui » puisque sans revendiquer un droit, il est difficile de le recouvrer! La seconde question qui se pose est de savoir si cette approche expose ou pas l’individu ? La réponse est encore « oui » si l’on voit la manière dont les choses ont évolué par la suite au point de lui coûter sa vie !

La troisième question qui se pose enfin est de savoir si c’est possible de mener une révolution dans une certaine modération ? Vous allez tenter de répondre avec moi au cas où le débat vous intéresse ! Personnellement je dis « oui » et c’est ici qu’une offensive diplomatique intelligente s’impose et deux Chefs d’État de notre pays l’ont si bien expérimenté en antipodes avec leurs géniteurs respectifs, je cite le Sénateur à vie Joseph Kabila Kabange lorsqu’en 2001, il a été désigné président en remplacement de son papa assassiné en s’ouvrant au dialogue avec les autres belligérants et le Président Félix Antoine Tshisekedi après son élection en 2018 alors qu’il ne jouissait pas d’une majorité parlementaire pour son choix d’une coalition avec le FCC de son prédécesseur.

Je sais que des voix vont s’élever pour nous contredire, mais je vais anticiper dans mon argumentaire en me référant au modèle de la politique nationale : La jeunesse s’emmene parfois avec des idées novatrices et des bons principes de gestion au sein des formations politiques ou les entreprises publiques. Mais est-ce que nos dirigeants supportent-ils ces innovations et/ou ces revendications ?

Je dis « non », et c’est souvent ce qui est à la base de ce que nous appelons « vagabondage politique » où les « licenciements abusifs » car on ne vous laissera pas évoluer, on va réclamer votre tête partout et c’est presque le même cas de figure dans les rapports internationaux entre les ”États puissants” et les ”États faibles”.

D’où la nécessité de procéder par la souplesse pour émerger en vue d’essayer de trouver l’opportunité de révolutionner les choses si d’ici là on a pas été contaminé négativement par les mauvaises pratiques !Pour conclure, nous ne devrions plus accepter des telles pertes car pour moi nous avions encore besoin de ce digne fils Laurent-Désiré Kabila pour l’émergence de notre pays, mais il est parti si tôt suite probablement à une mauvaise approche de sa politique internationale !

Les jours pareils sont pour toute la classe politique le moment de grande réflexion, de critiques et d’autocritiques pour un meilleur futur de notre nation.

CT Didier LIKELE, Analyste et Acteur politique

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