La mort de Fiston Kabeya Nsenda, agent de la Police de circulation routière, ́aisse à désirer. Ce brigadier de première classe a succombé selon les témoins, après avoir été roué de coups par une meute d’individus, apparemment des policiers, en plein exercice de son devoir. Ce fait divers, devenu viral grâce à une vidéo choquante, soulève des questions cruciales sur la violence institutionnelle et l’impunité.
Un acte de violence inacceptable
En plein jour de la capitalecongolaise, un drame tragique s’est déroulé sous les yeux des citoyens La vidéo montre une scène d’une brutalité insoutenable. Les coups, portés sur des points vitaux comme la tête et le thorax, témoignent de l’intention meurtrière de ses agresseurs. Ce n’est pas simplement une agression, mais aussi c’est un « MEURTRE« . Les images laissent peu de place au doute quant à la résolution criminelle derrière cet acte.
Des questions sans réponses
Qu’a fait Fiston Kabeya Nsenga pour mériter un tel traitement ? Pourquoi n’a-t-il pas été déféré devant la justice de manière légale, sans subir un lynchage public ? Quel danger représentait-il pour susciter une telle réaction violente de la part de ses collègues en uniforme ? Ces interrogations, légitimes, plongent la société dans un état de désarrois et d’inquiétudes quant à l’état de droit en vigueur, en République Démocratique du Congo.
Des témoignages inédits
Sur la toile, des congolais touchés par cet acte ignoble, sont dans l’émoi. C’est à l’instar de ce compatriote, Aimé Ntambwe, avocat de son état. Avec larmes aux yeux, cet avocat a eu des mots justes pour exprimer son effroi.
« Il était jeune et père de famille. Il a accepté de servir son pays dans des conditions 1000 fois moins meilleures que celles réservées aux privilégiés de la République(Ministres, Députés, Sénateurs, Mandataires…). Comme tout bon citoyen qui ne jure que sur le respect strict des lois de la RDC, il était en train de faire respecter le Code de la route pour désengorger le trafic et sécuriser les congolais. Les privilégiés de la République qui pensent qu’ils ont le monopole de violer impunément les lois du pays ont décidé de le torturer comme un chien errant jusqu’à arracher sa vie sans tenir compte de sa sacralité tout simplement parce qu’il a voulu respecter son serment de servir exceptionnellement et dignement le Congo. Il laisse derrière lui une veuve et une orpheline qui n’auront plus la chance de bénéficier de tous les avantages dont elles étaient bénéficiaires avant sa mort tragique », a écrit Aimé Ntambwe, sur son compte X.
Et d’ajouter :
« La République a failli à sa mission de protéger ses dignes fils qui ne ménagent aucun effort pour redorer son image de plus en plus ternie par une série noire des bavures policières. Justice pour ce digne fils du pays, victime de la barbarie et de la méchanceté humaine ».
Une réaction de la PNC qui énerve !
Dans un communiqué rendu public quelques heures après la mort de ce jeune policier, la hiérarchie de la Police Nationale Congolaise, par le biais de son service d’information et de communication fixe l’opinion publique. Pour elle, l’information qui circule sur les réseaux sociaux, faisant état de la mort, du Brigadier de 1ère Classe, Kabeya Senda Fiston, de la Police de Circulation Routière, n’est que de l’intoxication.
« la Police Nationale Congolaise appelle également la population à ne pas céder à la manipulation et à la désinformation. Car, la justice est déjà saisie de ce dossier et que, d’ici peu, les auteurs de cet acte ignobles seront identifiés et devront subir la rigueur de la loi », lit-on dans ce communiqué.
De qui se moque-t-on ? S’interroge un internaute: « Le PCR Kabeya Senda a été copieusement tabassé par la suite de la 1ère Ministre Judith Suminua. La 1ère ministre a pris le sens unique, et les policiers de roulage ont ouvert la route et la 1ère ministre et son cortège sont passés. Quelques temps après, le major du cortège est rentré pour arrêter le policier Kabeya, brutalement et il a été tapé comme un chien, destination Auditorat militaire de la Gombe. Il est mort là-bas et le major a amené le cadavre à la morgue du camp Kokolo. Judith Suminua est responsable intellectuel et son major doit subir la peine de mort », a-t-il écrit sur son compte.
Il est impératif que la justice, dans toute sa rigueur, élucide ce drame. Un procès public doit avoir lieu pour que toute la vérité soit révélée. La veuve de Fiston, ses deux enfants désormais orphelins, et la société toute entière ont besoin de réponses. Ce meurtre crapuleux ne doit pas rester impuni. L’indifférence face à de tels actes de barbarie est désespérante.
Prince Nestor NTITA