Dans le camp de déplacés de Salama, à Bunia, en République Démocratique du Congo, la vie est une lutte quotidienne. Des centaines de personnes, fuyant les affrontements entre milices interethniques, notamment à Banyalikilo, vivent dans une grande précarité.
Monsieur Abwete Roger, 60 ans révolu, vit dans ce camp depuis sept ans. Il témoigne :
« Dans ce camp, il est difficile de trouver à manger. Par conséquent, nos épouses sortent d’ici pour trouver de quoi survivre. Nous ne pouvons pas trouver d’argent pour nous vêtir. Lorsque nos femmes vont à la recherche du bois, elles sont blessées et violées. Cela nous rend triste davantage. Vous êtes nos autorités et si vous le pouvez, accordez-nous une grâce. Dans ce site Salama, nous souffrons. Nos enfants ont des maladies incurables. Nous avons l’impression d’être abandonnés et cela nous alarme. Rien que des larmes. Où sont nos autorités ? Où sont nos dirigeants ? Nous avons déjà connu plusieurs changements de nos représentants mais jamais le changement de notre situation. Notre souffrance est grande. »
Madame Maika Unyerto, 28 ans, mère de deux enfants, plaide pour des activités génératrices de revenus.
« Nous voudrions que le gouvernement et la MONUSCO initient des activités pour nous occuper. Nous sommes nombreuses ici sans travail. Ils peuvent également ouvrir des parcs de jeux pour éviter que nos enfants errent dans la rue », a-t-elle déclaré.

Vianney Kamuhanda, présent dans le camp depuis pratiquement cinq ans, a tenté plusieurs fois de rentrer dans son village, mais les conditions de vie l’ont repoussé : «Des hommes souffrent des maladies graves, les plus jeunes sont devenus dépendant à la drogue et à l’alcool. La vie y est devenue pénible.»
Les violences sexuelles sont une préoccupation majeure. Hassan Bwanamukubwa, officier de police judiciaire, rappelle que ces crimes sont punissables par la loi et invite les victimes à déposer plainte sans frais. La Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI) prend en charge la prise en charge médicale et psychologique des victimes.

Selon les derniers rapports de l’OCHA, la situation humanitaire dans la région reste critique, avec des besoins urgents en sécurité, en soins de santé et en soutien économique pour les déplacés. Les autorités et les organisations internationales sont appelées à renforcer leur soutien pour améliorer les conditions de vie dans ces camps.
Benjamin Sivanzire, de retour de Bunia