Le gouvernement de la République démocratique du Congo hausse le ton et affiche un soutien sans équivoque aux États-Unis après les sanctions ciblées contre les forces armées rwandaises. Dans un communiqué officiel, Kinshasa salue une décision « forte » et « salutaire », perçue comme un tournant dans la gestion du conflit sécuritaire qui secoue l’Est du pays.
La décision du Département du Trésor américain, via l’OFAC, vise directement les Forces de défense rwandaises (RDF) ainsi que plusieurs de leurs hauts responsables, accusés d’implication dans les opérations militaires menées en appui au M23 sur le sol congolais. Une accusation que Kinshasa martèle depuis des mois sur la scène internationale.
Pour les autorités congolaises, ces sanctions ne sont pas anodines. Elles constituent plutôt une reconnaissance internationale des violations de la souveraineté nationale et un avertissement clair adressé à Kigali.
« Ces mesures constituent un signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo, de la justice ainsi que de la mise en œuvre effective des engagements souscrits dans le cadre des Accords de Washington. Elles confirment la nécessité d’une cohérence entre les engagements diplomatiques et les réalités opérationnelles sur le terrain », peut-on lire dans ce communiqué.
Au-delà du symbole, Kinshasa y voit un levier concret pour contraindre les acteurs impliqués dans l’instabilité chronique de l’Est à revoir leur posture. Le gouvernement insiste que « aucune paix durable ne sera possible sans la fin du soutien extérieur aux groupes armés. »
« Le Gouvernement rappelle que la stabilisation durable de l’Est du pays et de la région des Grands Lacs passe par la cessation de tout appui aux groupes armés, le respect strict de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, ainsi que par l’observation des principes du droit international », ajoute le communiqué.
Les autorités congolaises expriment également leur reconnaissance envers les États-Unis, saluant leur « leadership » et leur « détermination » dans la quête de paix dans la région des Grands Lacs. Ce positionnement marque une nouvelle étape dans la diplomatie congolaise, qui entend désormais s’appuyer davantage sur ses partenaires internationaux pour faire pression sur les acteurs jugés déstabilisateurs.
Kinshasa appelle ainsi à la poursuite et au renforcement de ces mesures, tout en réaffirmant son engagement à restaurer pleinement l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire. Bref, la RDC ne se contentera plus de dénoncer, elle veut désormais des actes, et Washington vient, à ses yeux, de franchir un cap décisif.
Patient MUKUNA









