Lors du briefing de presse organisé lundi 9 mars 2026 au studio Maman Ngebi à Kinshasa par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le coordonnateur national du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), Jean‑Dieu Désiré Nyanga Ntita, a présenté les avancées réalisées dans la réinsertion des civils armés au sein de leurs communautés.
Face aux professionnels des médias, le responsable du P-DDRCS a dressé le bilan des actions menées dans plusieurs provinces touchées par les conflits armés.
« Au Nord-Kivu, précisément à Beni et Butembo, nous avons 838 clients pour les réinsérer dans la communauté. Nous impliquons ces personnes et on les forme en leur expliquant l’importance de la cohésion nationale. Plus de 900 armes ont été extorquées dans l’entrepôt des FARDC, 487 clients désarmés à la fin du mois de février et 500 combattants mobilisés et réintégrés dans la province de l’Ituri », a déclaré Jean-Dieu Désiré Nyanga Ntita.
Le programme innove également en intégrant la prise en charge psychologique des anciens combattants. Grâce à un protocole d’accord signé avec le comité de pilotage de santé mentale, les bénéficiaires du programme reçoivent un accompagnement psychologique après leur désarmement et leur réinsertion.
« Nous assurons leur formation en connivence avec le ministère de la Formation professionnelle avec lequel nous avons également un protocole d’accord », a précisé le coordonnateur national.
Le P-DDRCS s’inscrit dans la vision de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité en République démocratique du Congo, tout en contribuant au relèvement des communautés affectées par les conflits.
« Plus de 400 agents ont été formés pour la sensibilisation et l’identification des armes. Le gouvernement de la RDC a déployé des moyens conséquents pour effectuer le désarmement. Les Africains doivent être fiers de ce que fait la RDC dans ce processus. Nous avons également 151 combattants démobilisés au Maï-Ndombe et nous nous apprêtons à assurer leur formation », a-t-il expliqué.
Pour garantir la sécurité des ex-combattants ayant accepté de déposer les armes, le programme travaille en étroite collaboration avec les Forces armées de la République démocratique du Congo.
« Notre structure travaille avec les FARDC pour assurer la vie et les biens de ceux-là qui se sont rendus et ont déposé les armes. Lorsqu’il y a des opérations sur terrain, nous travaillons selon deux approches : militaire et civile, avec les équipes d’antenne qui collaborent avec les capitales provinciales », a-t-il indiqué.
Le coordonnateur a également insisté sur les mécanismes mis en place pour empêcher les anciens combattants de reprendre les armes.
« La stratégie nationale est trop claire. Avec ce programme national complet et cohérent que la RDC s’est octroyé, il est difficile que les clients reprennent les armes. Ce programme comporte plusieurs composantes : la résolution des conflits et la cohésion nationale, la restauration de l’autorité de l’État, la réinsertion des clients dans la société et la stabilisation, ainsi que la communication et la sensibilisation. Ces mécanismes permettent d’éviter les récidives », a-t-il affirmé.
Au-delà de la réinsertion économique, le programme mise également sur la cohésion sociale afin de renforcer le vivre-ensemble dans les zones touchées par les violences.
« Au-delà de la réinsertion économique, le P-DDRCS travaille pour la réinsertion sociale qui va occasionner le bien-vivre ensemble. Cela va automatiquement donner un accès à la paix dans différents endroits touchés par les hostilités », a ajouté Jean-Dieu Désiré Nyanga Ntita.
Le programme s’efforce également d’intégrer la dimension genre dans ses actions, notamment dans les zones de conflit où les femmes sont souvent victimes ou soutiens involontaires des groupes armés.
« Dans les zones de conflit, les femmes sont souvent considérées comme victimes ou supporters des conflits. Nous faisons un effort pour que la parité règne dans toutes les coordinations provinciales. Nous mettons les femmes dans des contextes qui favorisent leur réinsertion dans ce programme », a-t-il expliqué.
Alors que l’Est de la RDC reste marqué par l’insécurité et les tensions armées, le P-DDRCS se dit prêt à poursuivre ses efforts pour accompagner la vision du gouvernement en matière de stabilisation. Le programme entend notamment contribuer au retour de la paix, à la restauration de l’autorité de l’État dans les zones sous occupation et au renforcement de la cohésion nationale entre les communautés congolaises.
Michel KABEYA









