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RDC/Élections 2023 : pour irrégularités, la CENI annule plusieurs scrutins

Cette annulation concerne les scrutins à la députation nationale et provinciale dans les circonscriptions de Masimanimba, en Province de Kwilu et Yakoma dans le Nord-Ubangi.

En plus de ces deux circonscriptions électorales, la Commission Électorale Nationale Indépendante a annulé le vote de Quatre-vingts deux candidats députés nationaux et provinciaux à travers plusieurs autres circonscriptions du pays.

Dans un arrêt lu tardivement la nuit du Vendredi 05 au Samedi 06 Janvier en cours sur les antennes de la Radio Télévision Nationale Congolaise, Madame Patricia Nseya, rapporteur de la centrale électorale indique que cette décision est dûe aux irrégularités constatées et rapportées durant le déroulement de vote en violation de la loi électorale en vigueur au pays.

Le rapporteur de la CENI cite entre autres la fraude, la corruption, le vandalisme du matériel électoral, l’incitation à la violence et détention illégale du dispositif électoral de vote.

Des hautes personnalités impliquées

Parmi les 82 candidats députés nationaux et provinciaux invalidés par cette décision figurent des grandes personnalités. Certains d’entre eux exercent des fonctions à la Présidence de la République, dans différents ministères et d’autres par ailleurs sont gouverneurs des provinces.

Il s’agit par exemple de Gentiny Ngobila, gouverneur de la ville de Kinshasa, César Limbaya de la Mongala, Bobo Boliko de l’Équateur ou encore de Pancras Boongo de la Tshuapa.

Des conseillers proches du Président de la République et ministres du gouvernement national sont également impliqués. Sur les 82 invalidés figurent 80 membres de l’Union Sacrée, regroupement politique au pouvoir dont 11 sont de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le parti Présidentiel.

« Comment savoir si cette fraude massive n’a pas profité à Félix Tshisekedi? », s’interroge Patrick Lokala un candidat de Ensemble de Moïse Katumbi.

Pour sa part, le Parti de l’opposant Martin Fayulu estime qu’il est temps d’annuler toutes les élections, de la Présidentielle aux municipales. La raison de suffrage était unique en utilisant un même bulletin à tous les niveaux du scrutin.

« L’invalidation de 82 candidats à la députation nationale et provinciale est un signal fort prouvant qu’il est automatique d’annuler tous les scrutins car entourés des plusieurs irrégularités incalculables, bourrages, corruption… etc et bien d’autres machines à voter utilisées clandestinement n’ont pas été appréhendées par la CENI tout en sachant l’influence de vote que jouent les machines clandestines sur la présidentielle, ainsi la RDC a connu une comédie électorale jamais vécue nulle part au Monde et c’est urgent de déclarer l’annulation », a déclaré devant la presse Prince Epenge, porte porole de l’Engagement Citoyen pour le Développement (Ecidé).

Dans le camp au pouvoir, les avis sont partagés. Pour Noël Tshiani, candidat président de la République ayant désisté en faveur de Félix Antoine Tshisekedi, aucune faute ne devra être tolérée.

« À un certain niveau de responsabilités, la corruption, la fraude et le manque d’intégrité sont inadmissibles. Je salue la décision de la Ceni d’invalider 82 Candidats trouvés coupables de ces anti valeurs pendant les élections du 20 Décembre 2023.(…) Tous les officiels (gouverneurs des provinces, ministres, députés nationaux et provinciaux, sénateurs…) sur cette liste macabre doivent immédiatement démissionner de leurs fonctions», lance-t-il sur son compte X.

Et les concernées ?

Invalidés, certains candidats rejettent en bloc cette décision de la CENI. Parmi eux, Colette Tshomba, élue de la Funa à Kinshasa. Regrettant son invalidation, elle ne promet cependant pas de saisir la justice.

« Je suis triste de ce que la CENI vient de m’infliger ! Tout ceci est le résultat d’une grossière manipulation mais je garde ma dignité », réagit-elle dans un message publié sur son compte X.

Pour sa part, Tryphon Kin-Key Mulumba compte saisir la justice. Le lundi prochain, il promet de déposer une plainte devant la Cour Constitutionnelle siégeant en matière des contentieux électoraux.

« La CENI doit apporter le moindre début de preuve. Lundi matin, à la première heure, j’attaque devant le tribunaux du pays (…) », lance-t-il d’un tôt furieux.

Dans un communiqué publié la soirée du vendredi par la Cour Constitutionnelle, le procureur général de cette institution avait déjà prévenu que seuls les allégations d’irrégularités en rapport avec les résultats provisoires officiels à la présidentielle devront être analysées.

Des plaignants devront se munir des preuves pour attaquer les décisions de la CENI dans des audiences qui démarrent le lundi prochain.

Benjamin Sivanzire

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