Alors que l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) est en proie à une escalade de violences avec l’occupation de Goma et Bukavu par le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, la colère monte au sein de la communauté internationale. Cette indignation s’est récemment manifestée dans le monde du football, où les supporters du Bayern Munich ont exprimé leur opposition au partenariat entre leur club et Visit Rwanda, l’office rwandais du tourisme.
Lors de la rencontre de Bundesliga contre l’Eintracht Francfort, les fans bavarois ont déployé une banderole explicite appelant les dirigeants du Bayern à mettre fin à cet accord de sponsoring. « Visit Rwanda, qui reste indifférent, trahit les valeurs du club », pouvait-on lire en grandes lettres dans les tribunes de l’Allianz Arena. Ce message intervient alors que les tensions montent en Allemagne quant aux implications éthiques des partenariats commerciaux dans le sport.
Sur le terrain, la situation continue de se détériorer. Après une offensive éclair, les rebelles du M23, appuyés par l’armée rwandaise, ont pris le contrôle de Goma et Bukavu, les capitales provinciales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Face à cette avancée, les combats se poursuivent, et l’armée congolaise, appuyée par des forces étrangères, tente de contenir l’expansion du groupe rebelle.
Le 25 février 2025, la South African National Defence Force (SANDF) a annoncé l’évacuation de plusieurs de ses soldats grièvement blessés lors des affrontements à Goma. Dans un communiqué, l’armée sud-africaine précise que ces militaires avaient besoin de soins médicaux urgents et ont été rapatriés sans que leur nombre ne soit précisé. Cette évacuation témoigne de l’intensité des combats dans la région et de la difficulté pour les forces alliées de stabiliser la situation.
L’opposition des supporters du Bayern Munich à Visit Rwanda s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation contre les liens entre le sport et le gouvernement rwandais. En février 2025, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait déjà appelé à la suspension des contrats de sponsoring entre la Basketball Africa League (BAL) et des entités rwandaises telles que Visit Rwanda et RwandAir. Cette initiative visait à dénoncer l’implication du Rwanda dans la crise sécuritaire qui ravage l’Est du Congo.
Si la pression des supporters et des acteurs politiques continue de s’intensifier, le Bayern Munich pourrait être amené à reconsidérer son partenariat avec le gouvernement rwandais, suivant ainsi l’exemple d’autres organisations qui remettent en question leurs engagements commerciaux face à des crises humanitaires et sécuritaires.
En attendant, la situation sur le terrain demeure critique, avec des populations civiles toujours prises au piège des violences, et une communauté internationale qui peine à agir efficacement pour mettre fin à l’escalade du conflit.
Barth NGINDU