La République démocratique du Congo hausse le ton. La ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, coopération internationale et francophonie, Thérèse Kayikwamba Wagner, a convoqué ce jeudi l’ambassadeur de l’Ouganda en RDC, M. Alhajji Farid M. Kaliisa, à la suite de « développements jugés préoccupants ».
La diplomatie congolaise a profité de cet échange pour réaffirmer l’attachement indéfectible du pays au respect de sa souveraineté nationale et de l’intégrité de son territoire, dans un contexte sécuritaire toujours tendu à l’Est du pays.
« La ministre d’État a exprimé la préoccupation du gouvernement congolais quant à certaines évolutions récentes sur le terrain, qui nécessitent des clarifications urgentes », peut-on lire dans le document transmis à la presse.
Pour rappel, les troupes ougandaises sont déployées depuis plusieurs mois dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, dans le cadre d’opérations conjointes visant à neutraliser les combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe djihadiste affilié à l’État islamique.
Mais cette présence militaire étrangère suscite régulièrement des interrogations à Kinshasa, notamment sur les limites de l’intervention ougandaise et le respect des accords bilatéraux.
La convocation de l’ambassadeur Kaliisa est perçue comme un avertissement diplomatique clair à l’endroit de Kampala, dans un climat régional où la RDC entend défendre vigoureusement sa souveraineté.
Selon des sources proches du ministère, Kinshasa exigerait davantage de transparence sur les mouvements des troupes ougandaises et souhaite que toute intervention étrangère soit strictement encadrée par des mécanismes communs.
Cette démarche s’inscrit dans une reconfiguration diplomatique plus large de la RDC, qui multiplie les appels à la responsabilité des partenaires régionaux face à la persistance de l’insécurité à l’Est, alimentée par des groupes armés actifs et des alliances mouvantes.









