Le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, s’est poursuivi ce mercredi 23 juillet devant la Cour de cassation, avec une phase d’instruction particulièrement tendue et riche en révélations.
Durant plusieurs heures, le prévenu a été interrogé sur son rôle dans la passation de marché lié à la construction d’une prison centrale à Kisangani. À la barre, Mutamba a fermement nié tout détournement de fonds publics.
« Je n’ai reçu aucun rond », a-t-il déclaré à plusieurs reprises, tout en affirmant avoir agi dans les règles pour le choix de la société Zion Construct. Il a également promis d’apporter de nouvelles preuves pour étayer sa défense.
Mais le ministère public n’a pas été tendre. Il a soutenu que le Conseil des ministres avait initialement prévu de construire une maison d’arrêt à Kinshasa, et que Constant Mutamba aurait unilatéralement déplacé le projet à Kisangani, sans site identifié sur place. Plus grave encore, le procureur général a affirmé que les associés de la société Zion Construct sont introuvables, et a pointé l’incompétence du ministre dans ce domaine technique.
Les avocats de Mutamba, eux, ont dénoncé ce qu’ils qualifient de poursuites irrégulières, soulevant des exceptions et fins de non-recevoir : citation irrégulière, autorisations d’instruction entachées d’irrégularités… Des moyens rejetés par la Cour, qui a préféré entrer dans le fond du dossier.
À l’issue de cette audience fleuve, la Cour a décidé de renvoyer l’affaire au mercredi 30 juillet 2025 pour la suite de l’instruction.
Patient Mukuna









