La capitale de la Kinshasa s’est réveillée ce lundi dans une atmosphère de forte perturbation, marquée par une grève des transporteurs en commun qui a fortement affecté la mobilité des habitants. Des milliers de travailleurs et d’élèves ont éprouvé d’énormes difficultés à rejoindre leurs lieux d’activités, faute de bus et de taxis dans plusieurs artères de la ville.
Cette grève, annoncée depuis plusieurs jours, a été déclenchée par les conducteurs pour protester contre certaines mesures prises par les autorités urbaines dans le secteur du transport. Parmi les principales revendications figure l’assouplissement de l’obligation liée à l’instauration de la carte professionnelle imposée aux chauffeurs.
Selon Miguens Nsonsa, les transporteurs disent subir une pression croissante liée aux nouvelles règles administratives.
« Les chauffeurs expriment leur mécontentement en grevant ce lundi. Ils exigent l’assouplissement des mesures prises par les autorités de la ville, notamment l’instauration de la carte professionnelle. Nous travaillons avec beaucoup de contraintes à cause des mesures qu’on nous impose presque chaque mois. Nous voulons qu’il y ait de l’ordre dans ce secteur, mais là, nous sommes asphyxiés », a déclaré Miguens Nsonsa.
Dans plusieurs communes de la capitale, la rareté des véhicules de transport en commun a entraîné une hausse des tarifs et de longues marches pour de nombreux habitants tentant d’atteindre leurs destinations. Face à cette situation, certaines voix politiques critiquent l’absence d’anticipation des autorités. L’acteur politique Joël Lamika estime que le gouvernement aurait dû mettre en place des mesures pour atténuer l’impact de cette grève annoncée.
« Cette grève était pourtant annoncée par les transporteurs. Mais je me demande ce que le gouvernement avait prévu pour pallier cette situation et éviter aux Congolais un début de semaine aussi pénible. Gouverner, c’est prévoir », a-t-il déclaré.
Il pointe également ce qu’il considère comme un problème plus large lié à la gestion des affaires publiques.
« C’est triste de constater que ceux qui nous gouvernent ne savent rien anticiper, rien prévoir. Ils subissent d’abord les événements, puis réagissent. Ce modèle de gouvernance relève d’une incompétence indescriptible et ce sont les citoyens qui en paient le prix », a analysé Joël Lamika.
Pour de nombreux habitants de République démocratique du Congo, cette paralysie du transport illustre les difficultés structurelles d’un secteur vital pour la vie économique et sociale de la capitale. En attendant une éventuelle issue aux discussions entre transporteurs et autorités, les usagers continuent de subir les conséquences d’un lundi particulièrement éprouvant.
Grâce MUKOJ









