Le ton est désormais donné. Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a décidé de reprendre en main la gestion de l’Office Congolais de Contrôle (OCC) en engageant une vaste opération d’assainissement. Moins de 24 heures après la suspension conservatoire du directeur général Étienne Tshimanga Mutombo pour « fautes lourdes de gestion », le ministre a mis en place une commission de redressement et fixé un cap clair à la direction intérimaire, incarnée par Christelle Muabilu. L’objectif est de restaurer la discipline, la transparence et l’efficacité au sein de cet établissement stratégique de l’État.
Une décision qui marque une volonté assumée de restaurer l’autorité de l’État et de remettre l’OCC sur des bases saines, transparentes et performantes. Chargée d’une mission d’urgence, la commission de redressement devra, dans un délai de dix jours renouvelable une seule fois, dresser un état des lieux administratif et financier complet de l’établissement.
Elle est notamment mandatée pour auditer les mécanismes de contrôle de la qualité, de la quantité et de la conformité des produits à l’importation et à l’exportation ; examiner l’ensemble des contrats et partenariats liant l’OCC à des tiers ; proposer des mesures correctives concrètes et applicables pour un redressement durable.
L’arrêté ministériel précise que la commission travaillera en étroite collaboration avec les commissaires aux comptes et pourra s’appuyer, si nécessaire, sur des personnes-ressources internes ou externes à savoir retraités, agents, cadres, représentants syndicaux ou experts indépendants. Signe d’une détermination sans équivoque, la commission dispose du « plein pouvoir » d’accéder à tous les documents administratifs et à l’ensemble des comptes bancaires de l’Office.
La commission est composée d’un bureau et de plusieurs experts reconnus. Elle est présidée par le professeur Byombuka Onésime, assisté du vice-président Maître Kayeye Kasongo David et du rapporteur, le professeur Ndakaishe Mwanamulenda Joseph. Parmi les membres figurent Katembwe Kasongo Raymond, Jules Muilu Mbo, Kyakwa Jonathan, Cibalonza Célestin, Benga Carlos et Ibongya Y’Elima Evariste.
Les aspects logistiques de la mission seront pris en charge par le budget du ministère du Commerce extérieur, et non par celui de l’OCC, une disposition qui vise à garantir l’indépendance et l’objectivité du travail de la commission. En fixant des orientations claires à la direction intérimaire et en déclenchant un audit en profondeur, Julien Paluku envoie un message sans ambiguïté : la gestion approximative et les dérives administratives ne seront plus tolérées.
L’OCC, institution stratégique dans le dispositif de contrôle du commerce extérieur et de protection des consommateurs, est appelé à redevenir un instrument crédible au service de l’économie nationale. À travers cette démarche énergique, le ministre entend restaurer la discipline, renforcer la transparence et rétablir la confiance autour d’un établissement public clé de l’État congolais. Une opération vérité qui pourrait marquer un tournant décisif dans la gouvernance de l’Office.
Patient MBUMBA









