La question de la pollution urbaine et de ses conséquences sur la santé respiratoire s’est imposée au cœur des débats ce samedi 21 février, lors d’une conférence organisée dans le cadre du lancement des activités annuelles de l’organisation Santequiz.
L’événement, tenu dans la capitale de la République démocratique du Congo, a réuni experts, universitaires et acteurs de la société civile autour d’un constat alarmant. Intervenant à cette occasion, le professeur Jean-Marie Kayembe, recteur de l’Université de Kinshasa, a dressé un tableau préoccupant de la situation environnementale dans les grandes métropoles africaines. Selon lui, « la pollution urbaine, particulièrement en Afrique subsaharienne, est potentialisée par l’industrialisation et l’urbanisation anarchique, ainsi que par l’absence quasi totale de traitement des déchets », faisant de ce phénomène « une véritable cause de mortalité prématurée évitable ».

Kinshasa, mégapole en pleine expansion démographique, la croissance rapide des quartiers périphériques, le trafic routier dense et l’insuffisance des infrastructures de gestion des déchets contribuent à la dégradation de la qualité de l’air. Les fumées des véhicules, la combustion à ciel ouvert des ordures et les activités industrielles non contrôlées aggravent les risques pour les populations.
Les spécialistes présents ont souligné que les maladies respiratoires asthme, bronchites chroniques, infections pulmonaires connaissent une progression inquiétante, touchant particulièrement les enfants et les personnes âgées.
Pour les intervenants, la pollution urbaine ne relève plus seulement de l’environnement, mais constitue un défi majeur de santé publique. Ils ont plaidé pour la mise en place de politiques publiques ambitieuses : amélioration du système de gestion des déchets, contrôle des émissions industrielles, promotion des transports propres et sensibilisation des citoyens.
Le lancement des activités annuelles de Santequiz se veut ainsi un signal d’alerte et un appel à l’action collective. Face à ce qu’ils qualifient de « bombe sanitaire silencieuse », les experts estiment qu’une mobilisation urgente des autorités, des chercheurs et des communautés est indispensable pour préserver la santé respiratoire des habitants de Kinshasa et, plus largement, des grandes villes d’Afrique subsaharienne.
Maxime MBUMBA





