L’organisation Casmia-G Asbl a salué l’ouverture officielle, à Lubumbashi, de la succursale de DRC Gold Trading SA, entreprise du portefeuille de l’État congolais spécialisée dans la lutte contre la fraude et la contrebande dans la filière de l’or artisanal et à petite échelle. Dans un communiqué de presse rendu public, l’organisation de la société civile considère cette implantation dans le Haut-Katanga comme un signal fort de la volonté gouvernementale de reprendre le contrôle d’un secteur longtemps marqué par l’informel, l’irrégularité et les réseaux illicites.
« Casmia-G Asbl a accueilli avec enthousiasme cette nouvelle qu’elle considère comme un engagement affiché par le Gouvernement congolais à poursuivre son action d’appropriation de ses ressources naturelles en général et le renforcement des mécanismes d’encadrement et de régulation des activités minières dans la filière de l’or artisanal et à petite échelle », peut-on lire dans ce communiqué.
L’organisation rappelle que le cours international de l’or se situe autour de 4 500 dollars américains l’once (31,1 grammes), tandis qu’un lingot dépasserait les 138 000 dollars sur certains marchés spécialisés. Une tendance haussière qui, selon elle, reflète l’intérêt stratégique croissant pour ce minerai sur le marché mondial. Mais derrière cette dynamique économique, Casmia-G dresse un constat sévère de la situation sur le terrain en République démocratique du Congo.
Malgré l’implantation de DRC Gold Trading SA dans le Haut-Katanga, l’organisation estime que les défis structurels demeurent majeurs. Elle décrit des conditions d’exploitation dangereuses, des pratiques illégales persistantes et une dégradation environnementale préoccupante.
« Néanmoins, derrière cette avancée significative de DRC Gold Trading SA désormais dans la province du Haut-Katanga, Casmia-G considère que le secteur artisanal de l’or est poreux, exécrable et archaïque », ajoute le communiqué de Casmia-G Asbl.

Le communiqué dénonce notamment la présence d’acheteurs étrangers sur les sites miniers, l’installation illégale d’unités d’extraction et de traitement, ainsi que l’exploitation dans les périmètres appartenant à des entreprises telles que Kisenge Manganese, Cominière, Kibali Gold Mining ou encore CCC.
L’organisation pointe également la responsabilité de réseaux mafieux bénéficiant, selon elle, de complicités politico-militaires, particulièrement dans l’Est du pays. À cela s’ajoutent des dégâts environnementaux jugés « majeurs et irréversibles » : déforestation sans reboisement, destruction de la biodiversité et perturbation des activités agricoles.
Ainsi face à cette situation, Casmia-G exhorte l’État congolais à clarifier et renforcer sa politique dans le secteur de l’or artisanal, en mettant l’accent sur la traçabilité et la lutte contre la fraude, notamment aux postes frontaliers stratégiques comme Kasumbalesa, Mokambo, Sakania, Dilolo ou encore Kasenga.
« La poursuite du profit, l’accroissement des statistiques d’exportation ne sauraient couvrir la fraude ni passer sous silence l’exigence de la traçabilité des minerais. Il appert à ce stade que les zones d’exploitation artisanale dédiées à cette activité devraient être rendues disponibles, des coopératives et des acheteurs identifiés, des mesures de lutte contre la fraude renforcées sur les sites miniers et aux frontières », conclut l’organisation dans son communiqué.
L’organisation encourage par ailleurs DRC Gold Trading SA à poursuivre son expansion vers d’autres provinces, à se rapprocher davantage des sites d’extraction et à vulgariser sa politique commerciale dans le strict respect des standards internationaux et de la législation nationale. Elle invite également l’entreprise publique à intégrer une démarche de responsabilité sociétale (RSE) afin que les communautés locales bénéficient concrètement des retombées de l’exploitation aurifère.
Casmia-G appelle enfin les orpailleurs du Haut-Katanga à vendre leur production à DRC Gold Trading SA et réaffirme son engagement pour un secteur minier « propre, profitable aux acteurs et communautés locales, respectueux des textes et protecteur de l’environnement ».
Ben AKILI









