Sous l’impulsion du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le pays vient de lancer sa toute première raffinerie d’or, une initiative stratégique destinée à transformer localement une richesse longtemps exportée à l’état brut.
Le projet pilote, officiellement lancé le 11 mars par DRC Gold Trading SA à Kalemie, dans la province du Tanganyika Province, représente un signal fort dans la volonté des autorités congolaises de reprendre le contrôle de la chaîne de valeur de l’or. Selon les informations communiquées, cette raffinerie pourra atteindre une capacité de production d’environ 7 tonnes d’or par an, avec une production mensuelle estimée entre 500 et 600 kilogrammes d’or provenant principalement de l’exploitation artisanale.
Au-delà de la transformation locale, l’objectif est clair : structurer la filière aurifère, lutter contre la contrebande et accroître les retombées économiques pour l’économie nationale. Pendant des décennies, une grande partie de l’or congolais a quitté le pays par des circuits informels, privant l’État et les communautés locales d’importantes recettes.
L’initiative est saluée par plusieurs acteurs de la société civile, notamment l’organisation CASMIA-G ASBL, engagée dans la promotion d’une exploitation minière responsable et transparente.
Dans sa réaction, l’organisation souligne l’importance symbolique et économique de cette nouvelle infrastructure.
« CASMIA-G ASBL salue le lancement, ce 11 mars 2026 à Kalemie dans la province du Tanganyika, de la toute première raffinerie pilote d’or d’origine artisanale capable de produire entre 500 et 600 kilogrammes d’or par mois. Cette étape démontre clairement l’engagement qu’affiche l’État congolais à s’approprier l’or de son sous-sol. L’organisation félicite le management de DRC Gold Trading S.A pour cette avancée majeure et souhaite le meilleur à cette raffinerie. Nous invitons les acteurs du secteur à intégrer le circuit officiel mis en place », écrit cette Organisation.
Pour l’organisation, cette avancée doit toutefois s’accompagner de réformes structurelles afin d’assainir durablement le secteur artisanal de l’or, souvent miné par des pratiques illégales et des abus sociaux.
« Comme cela a été souligné dans notre communiqué de presse n°004 du 27 février 2026, l’assainissement du secteur artisanal de l’or passe par l’octroi des espaces propres à cette activité conformément au code minier, la mise en place d’un système robuste de traçabilité intégrant la lutte contre les pires formes de travail des enfants, les conflits, le travail forcé, la fraude, la contrebande, la corruption et le blanchiment des capitaux. Un contrôle diligent doit également être exercé sur les aspects sanitaires, environnementaux et sécuritaires, tout en établissant la responsabilité sociétale de ces activités envers les communautés affectées », ajoute Casmia-G Asbl.
L’organisation insiste également sur la nécessité d’intégrer les populations locales dans les bénéfices de l’exploitation minière, rappelant qu’une industrie extractive responsable doit impérativement générer des retombées sociales concrètes pour les communautés riveraines.
Avec cette raffinerie pilote, la RDC amorce ainsi une nouvelle ère dans la gouvernance de son or, en cherchant à transformer sur son propre territoire une ressource stratégique qui alimente depuis longtemps les marchés internationaux.
Si cette initiative tient ses promesses, elle pourrait marquer le début d’une transformation profonde du secteur aurifère congolais, en renforçant la souveraineté économique du pays et en redonnant à l’or congolais toute sa valeur au profit de la nation.
Emmanuel KAMBA









