Une correspondance adressée aux autorités congolaises par Maître Joseph Kitangala Kabala, aviseur et lanceur d’alerte, relance le débat sur l’ampleur présumée de la fraude douanière dans l’importation des produits pétroliers et de l’énergie électrique en République démocratique du Congo. Dans ce document, l’auteur évoque des irrégularités massives qui auraient entraîné d’importantes pertes pour le Trésor public.
Dans sa lettre adressée au Ministre desFinances, il rappelle notamment les constats établis par la ministre d’État en charge des Hydrocarbures concernant des anomalies dans la zone sud du pays. Selon lui, les données du système douanier informatisé révèlent un volume important de produits pétroliers qui auraient échappé au paiement des droits et taxes.
« En date du 30 janvier 2026, Madame la Ministre d’État et Ministre des Hydrocarbures, par sa lettre n° M-HYDRO/ABM/GKYN/0073/CAB/MIN-ETAT/2026, a relevé une fraude douanière massive caractérisée par la soustraction des produits pétroliers au paiement des droits et taxes, dans la zone sud. Les données informatiques officielles du système Sydonia de cette régie renseignent qu’en 2025, cette fraude avait atteint environ 1 million de m³, soit la moitié des importations annuelles, causant un manque à gagner estimé à plus de 800 millions USD pour le Trésor public », écrit Maître Joseph Kitangala Kabala.
Le lanceur d’alerte met également en cause la manière dont l’enquête aurait été confiée à la Direction générale des douanes et accises (DGDA). Selon lui, la structure se retrouverait dans une position délicate, puisqu’elle serait appelée à enquêter sur des faits qui la concernent directement.
« Pour cette cause, la mission du Directeur Général de la DGDA diligentée dans la Province du Haut-Katanga par sa lettre n° DGDADG/DUDRH/DG/037/2026 du 10 février 2026 fait de la douane juge et partie dans une affaire où elle-même est mise en cause. Cela confirme les suspicions de complicité et de complaisance décriées à l’endroit de l’actuel Directeur Général », souligne-t-il dans sa correspondance.
Au-delà de la question des produits pétroliers, Maître Kitangala affirme que d’autres contentieux liés notamment à l’énergie électrique seraient en cours. Les montants évoqués dans les procès-verbaux douaniers dépasseraient, selon lui, 1,45 milliard de dollars, tandis que les amendes transactionnelles potentielles pourraient atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Dans sa conclusion, l’aviseur appelle les autorités à examiner ces dossiers afin que les ressources dues soient récupérées au profit de l’État et des parties concernées, conformément aux dispositions du Code des douanes.
Cette correspondance intervient dans un contexte où la lutte contre la fraude fiscale et douanière demeure un enjeu majeur pour les finances publiques en RDC. Les autorités n’ont pas encore réagi publiquement aux allégations contenues dans cette lettre.
Maxime MBUMBA









