Ouverture mardi à Kinshasa, de la toute première édition du Forum des Coopératives Minières en République démocratique du Congo, une initiative qui se veut décisive pour l’avenir d’un secteur clé de l’économie nationale. Pendant trois jours, près de 200 participants venus de différentes provinces échangent autour des défis majeurs liés à l’organisation, à la légalité, au financement et à la reconnaissance internationale de l’exploitation minière artisanale.
Organisé par la Dynamique pour la Cohésion sociale et le Développement, ce forum rassemble des dirigeants de coopératives minières, des autorités gouvernementales, des experts ainsi que des partenaires techniques et financiers. L’objectif est clair : dégager des solutions concrètes et durables pour structurer et renforcer ce secteur stratégique.

Dans son mot de bienvenue, Patient Basmbe a insisté sur la nécessité de créer un cadre d’échange inclusif.
« Ce forum est avant tout un espace d’écoute et de dialogue franc, où chaque acteur peut exprimer ses préoccupations afin de trouver ensemble des réponses adaptées aux difficultés qui minent le secteur minier artisanal », a déclaré Maître Patient Bashombe.
Procédant à l’ouverture officielle des travaux, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a tenu un discours ferme sur la souveraineté économique.
« Le secteur minier artisanal doit être une propriété des Congolais et non des réseaux mafieux. Il est temps de reprendre le contrôle de nos ressources et de garantir que leur exploitation profite réellement à notre population », a-t-il fait savoir.
Les discussions ont ensuite été enrichies par une série de panels. Parmi les intervenants, Ben Akili, membre et point focal de la plateforme des organisations de la société civile Comprendre Agir dans le secteur minier industriel, artisanal et de la bonne gouvernance (Casmia-G), a présenté la vision de la société civile. Dans une analyse approfondie, il a souligné les failles structurelles du secteur.
« Aujourd’hui, le principal défi reste l’absence de zones d’exploitation artisanale réellement viables. Tant que l’État ne mettra pas en place des espaces organisés, sécurisés et économiquement rentables pour les coopératives, celles-ci continueront à évoluer dans l’informel et à subir diverses formes d’exploitation », a laissé entendre Ben AKILI.
Poursuivant son intervention, il a également insisté sur le rôle crucial des politiques publiques.
« Il ne suffit pas de reconnaître les coopératives sur le plan légal, il faut aussi les accompagner concrètement. Cela passe par l’accès au financement, à la formation technique et à des marchés équitables. Sans cela, le secteur artisanal ne pourra jamais atteindre son plein potentiel ni contribuer efficacement au développement national », a-t-il ajouté.
À l’issue de ces assises, un rapport final sera élaboré avec des recommandations précises. Les organisateurs ambitionnent notamment de mettre en place un cadre permanent de concertation et d’envisager la création d’une confédération nationale des coopératives minières.
Ce forum marque ainsi une étape importante vers la structuration d’un secteur longtemps fragilisé, mais porteur d’un immense potentiel pour l’économie congolaise.
Emmanuel KAMBA









