La gestion du secteur de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) se retrouve une nouvelle fois au cœur du débat politique en République démocratique du Congo. En effet, le député national Mechack Mandefu Muela a déposé une question orale avec débat adressée à la ministre de tutelle, mettant en avant plan des préoccupations majeures liées à la transparence financière et à la mise en œuvre de la réforme du système LMD.
Au cœur de cette interpellation, deux dossiers sensibles. Le premier concerne la gestion des quotités issues des frais académiques imposés aux universités. L’élu dénonce une opacité persistante et exige des éclaircissements détaillés sur les montants réellement perçus, les circuits bancaires empruntés ainsi que le nombre de diplômes délivrés.
« Il est impératif que la ministre de l’ESU éclaire la représentation nationale et, au-delà, l’ensemble du peuple congolais sur la gestion réelle des quotités perçues auprès des universités. Nous voulons un rapport complet, transparent et vérifiable, détaillant les recettes collectées, les banques impliquées dans ces transactions ainsi que les diplômes délivrés. L’enseignement supérieur ne peut continuer à fonctionner dans une opacité qui fragilise la confiance des étudiants, des parents et des partenaires académiques », a déclaré le député.

Le second point soulevé par Mechack Mandefu Muela porte sur la circulaire du 15 janvier 2026, qui impose aux étudiants inscrits en DEA et DES de défendre leurs mémoires avant le 31 juillet 2026. Une mesure que l’élu considère comme précipitée et potentiellement nuisible à la qualité académique.
« Cette décision administrative, prise sans concertation suffisante avec les acteurs du secteur, risque de pénaliser injustement les promotions 2022-2026. Elle compromet non seulement la qualité de la recherche scientifique, mais aussi l’équité entre les étudiants engagés dans des parcours académiques exigeants. Nous plaidons pour un dialogue inclusif entre le ministère, les universités et les étudiants afin de garantir une transition harmonieuse et équitable vers le système LMD », a-t-il insisté.
Le député appelle par ailleurs à une réforme plus concertée du système universitaire, dans un contexte où la transition vers le système LMD (Licence-Master-Doctorat) continue de susciter débats et inquiétudes au sein de la communauté académique en République démocratique du Congo.
La ministre de l’ESU est désormais attendue devant la représentation nationale pour répondre à ces préoccupations, alors que la question de la gouvernance et de la qualité de l’enseignement supérieur reste au centre des enjeux de développement du pays.
Patient MUKUNA









