Invité sur le plateau du Journal Afrique de TV5Monde, le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a livré un message de fermeté et d’espoir au sujet de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Il a également abordé le procès de Roger Lumbala à Paris, les processus diplomatiques en cours à Washington et Doha, ainsi que les priorités humanitaires et sociales du gouvernement.
Face à l’escalade de la violence dans l’Est, Patrick Muyaya a été catégorique.
« Tous ceux qui commettent des meurtres, tous ceux qui sont responsables des exactions doivent savoir qu’il y a un temps pour tout : le temps de la justice finira par arriver », a-t-il dit.
Le ministre a salué l’ouverture d’une commission d’investigation internationale qui est une avancée rendue possible grâce à la diplomatie du président Félix-Antoine Tshisekedi, chargée d’identifier les responsables des atrocités et de lutter contre l’impunité qui a trop longtemps nourri le cycle de la violence.
Concernant le procès de Roger Lumbala à Paris, Muyaya a qualifié la situation « d’affront », tout en rappelant que Kinshasa respectera les procédures judiciaires internationales.
« La justice doit suivre son cours, surtout pour des crimes imprescriptibles qui ont endeuillé la nation », a-t-il affirmé.
Sur le plan diplomatique, le porte-parole a distingué clairement les processus de paix en cours des mécanismes de justice. « La rénovation de la justice ne se confond pas avec la diplomatie. Les deux se complètent. »
Selon lui, les négociations engagées à Washington et Doha entrent dans leur phase d’atterrissage, avec l’objectif d’obtenir un cessez-le-feu durable et de faciliter l’acheminement d’une aide humanitaire vitale pour les populations meurtries.
Réagissant aux accusations rwandaises sur de prétendus bombardements congolais, Muyaya a été sans équivoque. « C’est le Rwanda qui agresse. Cela est établi par tous les rapports. La République démocratique du Congo exerce son droit légitime à la défense.»
Le ministre a appelé la communauté internationale à faire preuve de discernement et à observer qui gouverne par le crime, avant de formuler des jugements.Sécurité, économie et humanitaire : une stratégie intégréeÉvoquant la réouverture de l’aéroport de Goma, cruciale pour l’acheminement de l’aide humanitaire, Kinshasa précise que cette décision demeure souveraine.
« Si cela ne dépendait pas du gouvernement, il aurait déjà été ouvert », a indiqué le porte-parole.
Un Notam reste en vigueur, interdisant les vols civils vers Goma et Bukavu, mais des mécanismes ciblés sont en préparation pour permettre à certaines organisations humanitaires de mener des opérations vitales.
Sur la question du retour des réfugiés congolais installés au Rwanda, le gouvernement reste ferme : le processus se fera sur base du volontariat et de la sécurité retrouvée.
« On ne peut demander à des réfugiés de rentrer sous les bombes », rappelle Kinshasa.
Patrick Muyaya a également dénoncé les manipulations foncières dans les zones occupées destructions de titres, réattributions illégales, déplacements forcés, annonçant qu’une ordonnance gouvernementale viendra bientôt annuler tous les actes posés par les occupants.Un appel à l’unité nationaleEnfin, face aux appels au dialogue politique, le gouvernement réaffirme que la paix est la condition première de toute discussion.
« Le président Félix Tshisekedi est un homme de paix. Il a toujours tendu la main, mais cette guerre n’est pas celle d’un homme : c’est une guerre faite à tous les Congolais, et tous doivent se mobiliser.»
La RDC, a conclu Patrick Muyaya, n’a qu’une seule priorité : protéger ses populations et défendre son territoire.Sous la direction du président Tshisekedi, le pays avance avec détermination pour mettre fin à l’agression, restaurer la stabilité et bâtir un avenir de justice et de développement durable.
Patient Mukuna









