L’Initiative pour la Bonne Gouvernance et les Droits Humains (IBGDH Asbl) sort de sa réserve et hausse le ton. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, l’organisation dénonce avec indignation la mise en place du Cadre de Concertation entre élus du Lualaba, qu’elle qualifie de manœuvre politique de positionnement, loin des priorités vitales de la province.
Pour l’IBGDH, cette initiative est non seulement déconnectée des réalités sociales, mais elle constitue aussi une forme de diversion institutionnelle au moment où la population fait face à des défis urgents notamment, routes impraticables, manque d’eau potable, absence d’électricité, expulsions forcées, insécurité urbaine et opacité dans la gestion des fonds publics.
Selon l’ONG, les élus du Lualaba brillent par une absence assourdissante sur des dossiers majeurs touchant directement la dignité et la survie des citoyens. Parmi les préoccupations ignorées, l’IBGDH cite notamment : les violations des droits humains et les questions d’intérêt général ; le manque criant des routes de desserte agricole ; l’impraticabilité de la RN39 (Kolwezi–Dilolo) ; le manque d’électricité, notamment à Kasaji, deuxième ville de la province ; le manque d’eau potable ; les expulsions forcées dans les zones minières ; l’insécurité urbaine et les arrestations arbitraires ; l’absence de Zones d’Exploitation Artisanales (ZEA) pour les creuseurs. Mais l’ONG va plus loin et pointe une gouvernance qu’elle estime profondément malade : conflits d’intérêts, monopole des marchés publics, opacité et projets inachevés malgré le décaissement des fonds.
Elle cite nommément certaines entreprises régulièrement associées à ces marchés : Emmanuel Construction, Muska Engineering, Malta Forest, entre autres. L’IBGDH s’indigne également de la prolifération des chantiers abandonnés à savoir logements sociaux annoncés mais inachevés, avenue Lumumba et autres infrastructures dont les financements auraient été décaissés sans résultats visibles.
« Ce cadre de concertation ne repose sur aucune urgence sociale. Il ressemble davantage à une mise en scène politique qu’à une réponse aux souffrances du peuple. Pendant que certains élus s’organisent pour leur positionnement, les populations du Lualaba vivent sans eau potable, sans routes, sans électricité et sous la menace permanente des expulsions et de l’insécurité. C’est une provocation, une insulte à la misère quotidienne des citoyens », écrit l’IBGDH.
L’IBGDH affirme que le moment n’est plus aux artifices ni à la manipulation de l’opinion, mais à la redevabilité. Elle appelle les élus à revenir à leur mission principale, celle liée au contrôle parlementaire et la défense des intérêts collectifs.
« Le temps n’est plus à la distraction et aux calculs partisans. Ce que la province attend des élus, ce sont des actions, des interpellations, des enquêtes, un contrôle parlementaire rigoureux et des résultats mesurables. La gouvernance doit cesser d’être un terrain de privilèges, de monopoles et de projets sans fin. Nous exigeons une gestion transparente, une justice sociale effective et un impact réel sur le train de vie des populations », ajoute l’ONG dans son communiqué.
Ainsi dans sa démarche, l’ONG formule plusieurs recommandations fortes, notamment : exiger une indemnisation juste des victimes d’expropriation illégale à Kamikungwa et des personnes affectées par les travaux du Bypass II ; réclamer la formalisation de l’exploitation minière artisanale ; mettre fin aux conflits d’intérêts dans les marchés publics et réduire le monopole d’entreprises proches des gouvernants ; stopper les délocalisations sans réinstallation préalable, en exigeant notamment la réinstallation de la ville de Kolwezi ; assurer l’électrification de Kasaji et des chefs-lieux des territoires ; entreprendre l’entretien urgent de la RN39 Kolwezi–Dilolo.
L’IBGDH conclut son communiqué en annonçant qu’elle restera vigilante, tout en se disant disponible à collaborer avec les élus et les organes locaux, à condition que les actions soient orientées vers la bonne gouvernance et la protection effective des droits fondamentaux. Bref, le message reste ferme, celui de dire que les populations du Lualaba n’ont plus besoin de cadres de discours, mais de décisions courageuses et de résultats concrets.
Ben AKILI









