Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a réagi aux récentes sanctions américaines visant son prédécesseur, Joseph Kabila, dans un contexte politique marqué par des tensions persistantes et des soupçons de déstabilisation du processus démocratique.
Lors d’une conférence, le chef de l’État a tenu à clarifier sa lecture des événements, tout en exprimant une certaine déception face à l’évolution de la situation. Selon Félix Tshisekedi, les signes d’un blocage politique remontaient déjà à la fin de l’année 2023, notamment lorsque le Front commun pour le Congo (FCC) avait envisagé de boycotter les élections. Pour lui, cette posture traduisait une stratégie visant à empêcher la tenue du scrutin et à forcer un dialogue politique.
« Nous savions déjà à cet instant-là que leur but était en fait d’empêcher la tenue des élections, parce que ce qu’ils font après n’avait pris que du retard. L’objectif premier était d’empêcher la tenue d’élections en 2023 et de contraindre le gouvernement à un dialogue. Exactement ce qu’ils font aujourd’hui », a déclaré le président de la République.
Le chef de l’État a également évoqué le départ jugé « clandestin » de son prédécesseur, une décision qui l’aurait surpris, d’autant plus qu’il comptait sur une transition exemplaire pour consolider la démocratie congolaise. Tshisekedi affirme avoir entretenu un canal de communication avec Kabila avant son départ, soulignant une rupture soudaine et inattendue.
« Je suis le premier déçu, parce que je comptais évidemment sur cette alternance pour la brandir comme un exemple de démocratie, de stabilité, d’alternance pacifique, de tolérance. […] Mais malheureusement, il a pris ce chemin, donc je suis le premier à le regretter », a-t-il affirmé.
Concernant les sanctions américaines, Félix Tshisekedi estime qu’elles ne sont pas surprenantes. Il considère que les États-Unis disposent d’informations solides et qu’ils agissent en fonction de leurs intérêts stratégiques, notamment en lien avec la stabilité de la région et les enjeux économiques.
Pour le président congolais, toute personne perçue comme un obstacle à la paix ou aux investissements internationaux devient naturellement une cible de mesures coercitives. Il insiste toutefois sur le fait qu’il ne dispose pas d’informations internes sur les décisions américaines, tout en reconnaissant leur cohérence au regard du contexte.
Cette prise de parole intervient alors que la scène politique congolaise reste marquée par des divisions profondes, et que les regards internationaux se tournent de plus en plus vers Kinshasa, dans un climat où les enjeux sécuritaires et économiques sont étroitement liés.
Emmanuel KAMBA









