Le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo refait surface, porté cette fois au plus haut sommet de l’État. Lors d’une récente prise de parole, le président Félix Tshisekedi a exprimé une position nuancée mais ouverte, insistant à la fois sur la nécessité du débat démocratique et sur le respect strict des principes de l’État de droit.
Dans un contexte politique marqué par des tensions et des suspicions autour des intentions réelles du pouvoir, le chef de l’État a tenu à cadrer clairement sa vision. Il a d’abord rappelé que les questions institutionnelles ne peuvent être ni monopolisées ni taboues dans une démocratie.
« Je souhaite rappeler un principe simple. Aucune question d’intérêt national ne doit être confisquée, caricaturée ou interdite de réflexion. Mais toute réflexion sur nos institutions doit être conduite avec sérieux, transparence et méthode, dans le respect scrupuleux de l’État de droit, sans précipitation, sans manipulation et sans arrière-pensée politique », a déclaré Félix Tshisekedi.
Par cette déclaration, Félix Tshisekedi semble vouloir désamorcer les critiques qui redoutent une révision opportuniste de la Constitution, notamment à des fins politiques. Il insiste au contraire sur une démarche rigoureuse et inclusive, censée garantir la légitimité du processus.
Dans la foulée, le président congolais a également évoqué la possibilité d’un changement constitutionnel par voie référendaire, conditionné à la volonté populaire. Une position qui, tout en restant prudente, ouvre clairement la voie à une consultation nationale.
« Si le peuple le veut, toute réflexion visant à adapter notre Constitution aux réalités de notre pays peut être envisagée, notamment à travers un référendum. Mais cela ne peut se faire que dans un cadre légal, transparent et apaisé, où chaque Congolais se sent pleinement impliqué et respecté », a-t-il fait savoir.
Cette sortie médiatique relance ainsi un débat sensible en RDC, où toute initiative touchant à la Constitution suscite immédiatement une forte attention, voire des inquiétudes. Reste à savoir si cette ouverture débouchera sur un véritable processus participatif ou si elle alimentera davantage les clivages politiques existants
Patient MUKUNA









