Une page historique vient de s’écrire dans le dossier des crimes coloniaux commis en République démocratique du Congo. La Belgique a été définitivement condamnée pour crimes contre l’humanité liés à la politique de ségrégation raciale et d’enlèvement forcé d’enfants métis durant la période coloniale au Congo belge.
La décision est devenue irrévocable après le rejet du pourvoi introduit par l’État belge devant la Cour de cassation, confirmant ainsi le jugement rendu en appel en 2024, selon l’agence de presse belge Belga.
Cette condamnation historique oblige désormais la Belgique à indemniser plusieurs victimes des pratiques coloniales menées entre les années 1940 et 1950. Il s’agit d’une première condamnation d’un État européen pour des faits liés à la colonisation.
Au cœur de cette bataille judiciaire figurent cinq femmes métisses nées entre 1948 et 1952. Il s’agit de Marie-Josée Loshi, Noëlle Verbeken, Léa Tavares Mujinga, Simone Ngalula et Monique Bintu Bingi.
Arrachées à leurs mères congolaises sous l’administration coloniale belge, elles avaient été placées de force dans des institutions religieuses avant d’être abandonnées après l’indépendance de la République démocratique du Congo en 1960.
Après le rejet de leur plainte en première instance en 2021, ces femmes avaient décidé de poursuivre le combat en appel, jusqu’à obtenir gain de cause. La justice belge a reconnu que ces pratiques relevaient d’une politique systématique de ségrégation raciale organisée par l’administration coloniale.
« L’État belge nous a déracinées, séparées de nos familles, volé nos noms, nos identités et nos droits humains », avait déclaré Léa Tavares Mujinga lors de l’audience.
Cette décision marque un tournant majeur dans la reconnaissance des crimes coloniaux en Europe et relance le débat sur les responsabilités historiques des anciennes puissances coloniales en Afrique.
Grâce MUKOJ









