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Procès Tshiwewe : WhatsApp, relevés bancaires et téléphones au cœur d’un présumé complot contre l’État

Le procès impliquant l’ancien chef d’état-major général des FARDC, le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, prend une tournure particulièrement numérique. Devant la Haute Cour militaire, l’accusation fonde une part importante de son dossier sur l’exploitation de données électroniques, notamment des conversations WhatsApp, des relevés bancaires et des téléphones saisis dans le cadre des enquêtes.

Poursuivi aux côtés d’autres officiers généraux et coaccusés, Christian Tshiwewe est notamment accusé de participation à un présumé complot visant à renverser l’ordre constitutionnel. Selon l’accusation, ce projet aurait été mené en concertation avec l’ancien inspecteur général des FARDC, le général John Numbi, actuellement en exil, ainsi qu’avec Pascal Nyembo.

Au fil des audiences, l’auditeur général s’appuie régulièrement sur des échanges numériques présentés comme des éléments révélateurs de l’intention présumée des prévenus. Les enquêteurs affirment avoir eu accès à des conversations émises, reçues ou transférées via WhatsApp, mais également à des mouvements financiers et à diverses données extraites des appareils téléphoniques analysés.

D’après les éléments évoqués devant la Cour, plusieurs discussions portent sur des commentaires favorables à l’ancien président Joseph Kabila ainsi que sur des prises de position considérées par l’accusation comme une forme d’apologie de l’AFC/M23. Pour le ministère public, ces contenus, mis bout à bout, constitueraient des indices concordants d’un projet de déstabilisation des institutions.

L’auditeur général insiste d’ailleurs sur ce qu’il qualifie de « complot qui transpire dans les conversations », estimant que les échanges numériques permettent de retracer les intentions et les liens entre les différents protagonistes présumés.

La défense, quant à elle, devrait s’attacher à contester l’interprétation de ces données électroniques, dans un procès où la frontière entre opinions exprimées dans des conversations privées et preuves d’une entreprise criminelle présumée s’annonce comme l’un des enjeux majeurs des débats judiciaires.

Emmanuel KAMBA

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