back to top

Procès Tshiwewe : WhatsApp, relevés bancaires et téléphones au cœur d’un présumé complot contre l’État

Le procès impliquant l’ancien chef d’état-major général des FARDC, le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, prend une tournure particulièrement numérique. Devant la Haute Cour militaire, l’accusation fonde une part importante de son dossier sur l’exploitation de données électroniques, notamment des conversations WhatsApp, des relevés bancaires et des téléphones saisis dans le cadre des enquêtes.

Poursuivi aux côtés d’autres officiers généraux et coaccusés, Christian Tshiwewe est notamment accusé de participation à un présumé complot visant à renverser l’ordre constitutionnel. Selon l’accusation, ce projet aurait été mené en concertation avec l’ancien inspecteur général des FARDC, le général John Numbi, actuellement en exil, ainsi qu’avec Pascal Nyembo.

Au fil des audiences, l’auditeur général s’appuie régulièrement sur des échanges numériques présentés comme des éléments révélateurs de l’intention présumée des prévenus. Les enquêteurs affirment avoir eu accès à des conversations émises, reçues ou transférées via WhatsApp, mais également à des mouvements financiers et à diverses données extraites des appareils téléphoniques analysés.

D’après les éléments évoqués devant la Cour, plusieurs discussions portent sur des commentaires favorables à l’ancien président Joseph Kabila ainsi que sur des prises de position considérées par l’accusation comme une forme d’apologie de l’AFC/M23. Pour le ministère public, ces contenus, mis bout à bout, constitueraient des indices concordants d’un projet de déstabilisation des institutions.

L’auditeur général insiste d’ailleurs sur ce qu’il qualifie de « complot qui transpire dans les conversations », estimant que les échanges numériques permettent de retracer les intentions et les liens entre les différents protagonistes présumés.

La défense, quant à elle, devrait s’attacher à contester l’interprétation de ces données électroniques, dans un procès où la frontière entre opinions exprimées dans des conversations privées et preuves d’une entreprise criminelle présumée s’annonce comme l’un des enjeux majeurs des débats judiciaires.

Emmanuel KAMBA

Sur le même sujet

RDC : la Banque centrale du Congo injecte 59 milliards de CDF à travers les Bons BCC

La Banque centrale du Congo (BCC) poursuit ses opérations de réglage de la liquidité au sein du système bancaire national. À l’issue de l’adjudication...

RDC : la RVA éclaboussée par des révélations sur 156 millions USD de créances et des projets au point mort

La Régie des Voies Aériennes (RVA) est au cœur d'une nouvelle controverse sur sa gouvernance. Auditionné le 30 avril 2026 par la commission Économique,...

63 ans de Félix Tshisekedi : Robert Bilonda lui adresse un message de fidélité et de soutien

À l'occasion du 63ᵉ anniversaire du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, plusieurs personnalités issues des institutions publiques ainsi que des cadres...

Financement des projets structurants : le consortium Mida Advisors-Standard Bank-Bank of America propose à la RDC un nouveau mécanisme de mobilisation des capitaux

Le financement des grands projets de développement de la République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape. La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a...

Manifestation de l’opposition à Kinshasa : les autorités imposent le terrain Assosa comme nouveau site

Le gouvernement provincial de Kinshasa a officiellement refusé d'autoriser le sit-in que prévoyait d'organiser une partie de l'opposition congolaise ce vendredi 12 juin 2026...

MIBA : à 65 ans, l’ancien géant du diamant refuse de mourir et mise sur une renaissance

Soixante-cinq ans après sa création, la Minière de Bakwanga (MIBA) tente de tourner la page de ses années de turbulences pour renouer avec son...

Articles récents