Un audit interne lancé au sein de la chambre basse du Parlement congolais mettrait en lumière un système de rémunérations attribuées à des agents qui, dans les faits, ne seraient jamais apparus dans les services concernés. L’opération de vérification physique du personnel, initiée par la nouvelle direction de l’institution, aurait permis de détecter un écart massif entre les effectifs déclarés et la réalité sur le terrain.
Selon les éléments issus de ce contrôle, plusieurs centaines de dossiers d’agents présentés comme actifs correspondraient à des personnes introuvables dans les services. Ces bénéficiaires supposés continueraient pourtant à percevoir des rémunérations régulières.
Les montants évoqués donnent la mesure de l’ampleur du phénomène, des flux financiers mensuels estimés en milliards de francs congolais, représentant des pertes potentiellement colossales pour les finances publiques et un manque à gagner direct pour les véritables fonctionnaires.
Réseaux familiaux et nominations controversLes premières analyses internes suggèrent que certains cas concerneraient des recrutements liés à d’anciens cercles administratifs, incluant des proches et membres de familles associés à des cabinets passés de l’institution. Une situation qui ravive les interrogations sur les pratiques de gestion des ressources humaines au sein de l’appareil législatif.
Dans ce contexte, les figures politiques associées aux anciennes et actuelles configurations institutionnelles, notamment Aubin Minaku, Vital Kamerhe et l’actuelle présidence de l’organe dirigée par Aimé Boji Sangara, se retrouvent indirectement au centre d’un débat sur la gouvernance administrative.
Au-delà des chiffres, cette affaire met en lumière un enjeu structurel : la crédibilité des mécanismes de contrôle interne au sein de l’Assemblée nationale de la RDC. L’audit en cours apparaît comme une tentative de reprise en main face à des pratiques décrites comme anciennes et profondément enracinées.
Si ces éléments venaient à être confirmés, ils dessineraient le portrait d’un système où l’absentéisme fictif aurait prospéré au détriment de la rigueur budgétaire et de la justice sociale. Au-delà du scandale financier, c’est toute une culture administrative qui se retrouve interrogée.
Dans les couloirs du pouvoir, l’audit n’a pas seulement ouvert des dossiers, il a surtout entrouvert une vérité dérangeante.
Maxime MBUMBA









