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Crise en RDC : Faure Gnassingbé mobilise les anciens chefs d’État africains pour une médiation régionale

Face à la persistance du conflit armé dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), le président togolais Faure Gnassingbé a convoqué, vendredi 16 mai 2025 à Lomé, une réunion stratégique avec cinq anciens chefs d’État africains mandatés par les organisations régionales EAC et SADC. Objectif : relancer les efforts de médiation régionale dans un conflit vieux de trois décennies.

« Il est impératif de conjuguer nos expériences et nos forces pour bâtir un cadre de dialogue crédible et inclusif », a déclaré Faure Gnassingbé en ouvrant la rencontre. Nommé facilitateur par l’Union africaine le 12 avril dernier, le chef de l’État togolais succède à l’Angolais João Lourenço, devenu entre-temps président en exercice de l’UA.

Autour de la table, des personnalités de poids : Olusegun Obasanjo (Nigeria), Uhuru Kenyatta (Kenya), Catherine Samba-Panza (Centrafrique), Kgalema Motlanthe (Afrique du Sud) et Sahle-Work Zewde (Éthiopie). Tous ont accepté d’accompagner Faure Gnassingbé dans ce nouveau chapitre diplomatique. « Notre continent a les ressources humaines pour régler ses propres crises », a insisté Uhuru Kenyatta.

La crise qui oppose la RDC au Rwanda reste au cœur des tensions régionales. Kinshasa accuse Kigali de soutenir militairement le groupe rebelle M23, une allégation que le gouvernement rwandais continue de rejeter. « Nous devons dépasser les accusations et bâtir des mécanismes de vérité et de réconciliation », a souligné Catherine Samba-Panza.

Faure Gnassingbé entend s’appuyer sur les précédentes tentatives de médiation, notamment les processus de Luanda et de Nairobi, ainsi que les initiatives religieuses menées par la CENCO et l’ECC. Des efforts internationaux, comme ceux du Qatar et des États-Unis, pourraient également être réintégrés. « Chaque tentative passée contient des leçons pour avancer », a estimé Kgalema Motlanthe.

Si la tâche s’annonce ardue, le climat de coopération affiché à Lomé laisse entrevoir une possibilité de progrès. « L’Afrique centrale ne retrouvera pas la stabilité sans une paix durable à l’Est de la RDC », a rappelé Sahle-Work Zewde. Pour Faure Gnassingbé, cette mission pourrait être l’occasion de démontrer l’efficacité d’une diplomatie africaine autonome et résolue.

CKK

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