Le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a dressé un état des lieux de la conjoncture économique nationale lors d’un briefing de presse organisé le 28 avril 2026 par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe. L’occasion pour l’institution d’afficher des indicateurs jugés encourageants et de réaffirmer sa stratégie en faveur du franc congolais.
Devant les professionnels des médias, le gouverneur a mis en avant une croissance soutenue de l’économie congolaise.
« Depuis notre avènement à la Banque centrale du Congo, les efforts sont en train d’être fournis pour que l’économie se stabilise. En 2025, la RDC avait un pourcentage de 5,8 %, 6,2 % pour l’année 2026. Des chiffres qui sont publiés toutes les semaines dans les notes circulaires de la BCC. Nous avons maîtrisé l’inflation malgré les fléaux mondiaux qui perturbent l’économie mondiale. La maturité économique est de plus en plus longue depuis les trois derniers mois de l’année 2025 jusqu’en 2026 », a déclaré André Wameso.
Dans un contexte mondial marqué par des tensions économiques, la Banque centrale se félicite également de la stabilité du taux de change et de l’appréciation du franc congolais. Selon André Wameso, cette évolution a déjà des effets concrets sur le quotidien des Congolais.
« Nous avons un taux de change qui reste stable depuis l’observation de l’appréciation du franc congolais. L’appréciation du franc congolais a permis à ce que le prix de l’essence à la pompe se stabilise à 2990 au lieu de 3000, à l’heure où l’inflation du prix du carburant affecte le monde entier. Aujourd’hui, dans les banques commerciales, le pourcentage de l’épargne en franc congolais est fixé à 10 % contre 4 % en dollars américains », a-t-il fait savoir.

Face aux débats sur une éventuelle dédollarisation de l’économie congolaise, le gouverneur clarifie sa position. Il ne s’agit pas d’exclure le dollar, mais de renforcer l’usage de la monnaie nationale.
« Je ne suis pas intéressé par l’idée de mettre en place un système de dédollarisation du dollar américain. Cependant, ma mission consiste à renforcer l’utilisation de la monnaie nationale. Les Congolais doivent dépenser et épargner en leur monnaie nationale. Je lutte pour que le franc congolais soit utilisé même dans le secteur informel », a démontré le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.
Et d’ajouter :
« Ma stratégie est de montrer aux Congolais qu’il y a plus de bénéfices de travailler en franc congolais qu’en dollars. Je veux amener les Congolais à faire confiance à la monnaie nationale et, pour y arriver, il nous faut du temps. Ces opérations ne constituent pas la dédollarisation dans notre pays, mais elles permettent à nos compatriotes de dépenser et d’épargner en francs congolais.»
Sur un autre registre, André Wameso a répondu aux critiques concernant un manque de collaboration avec les experts congolais, affirmant son ouverture au dialogue.
« Je n’ai jamais été contre l’idée de collaborer avec qui que ce soit sur les questions ayant trait à l’économie en RDC. Depuis ma nomination à la Banque centrale, je n’ai quitté aucun groupe WhatsApp. Toutes les propositions sont donc prises en compte. Je ne suis pas opposé aux idées scientifiques susceptibles de contribuer à la construction de l’économie congolaise. Toutefois, ces idées et débats doivent être structurés et soutenus par des arguments solides, intellectuellement fondés », a-t-il précisé.

Le gouverneur de la BCC s’est voulu enfin rassurant quant au paiement des agents de l’État, après plusieurs retards observés en début d’année.
« Contrairement aux mois récents, le paiement des agents de l’État pour ce mois d’avril s’effectuera à temps. Toutes les dispositions ont été prises pour permettre aux fonctionnaires de percevoir leur salaire dans les délais. Ensemble avec le ministre des Finances et l’ensemble du gouvernement, nous œuvrons afin que les désagréments survenus en début d’année ne se reproduisent plus », a dit André Wameso.
À travers cette communication, la Banque centrale du Congo réaffirme sa volonté de consolider la stabilité macroéconomique du pays, tout en plaçant le franc congolais au cœur de sa stratégie. Un pari ambitieux dans une économie encore largement dominée par le dollar, mais que les autorités entendent relever progressivement.
Michel KABEYA









