Le rejet de la motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, n’a pas entamé la détermination du député national Laddy Yangotikala Senga. L’élu de Kisangani-ville (Tshopo) revendique une victoire d’ordre politique et moral, estimant avoir réussi à alerter l’exécutif sur l’urgence sécuritaire.
Quelques heures après la décision de l’Assemblée nationale, Laddy Yangotikala s’est montré ferme. Sa démarche, loin d’être un échec, aurait permis de repositionner le débat sur l’essentiel c’est-à-dire la sécurité des populations.
« J’ai relevé qu’il y a de véritables problèmes qui doivent être résolus pour la sécurisation des personnes. Le plus important c’est de sécuriser la population. Le reste importe peu », a-t-il déclaré.
Dans son argumentaire, le député insiste sur le fait que la motion n’était pas dirigée contre la personne de Jacquemain Shabani, mais visait à provoquer une prise de conscience au sommet de l’État.
« Ce n’était pas une motion contre la personne de Jacquemain Shabani. C’était une motion pour la sécurisation de la population pour mieux faire le travail et arrêter l’immixtion du pouvoir exécutif dans le pouvoir législatif ou judiciaire. Je n’ai pas échoué. Je crois qu’à partir de maintenant ils vont commencer à sécuriser la population. Je pense qu’ils ont compris », a-t-il ajouté.
Mais au cœur de l’hémicycle, le débat a rapidement basculé du fond vers la forme. Le député Gary Sakata a mené une charge frontale contre la régularité de la motion, dénonçant de graves irrégularités dans sa constitution.
Selon lui, le texte serait entaché de falsifications et de manœuvres frauduleuses.
« Les signatures ont été obtenues de manière dolosive », a-t-il affirmé, évoquant une motion « entachée d’énormes irrégularités » avec « de nombreux faux » parmi les signataires. Pour étayer ses accusations, il a pointé des anomalies précises dans les noms figurant sur la liste : « Imani à la place de Amani, Pua à la place de Puwa. Cette motion devrait être déclarée irrecevable, c’est une fraude avérée.»
Ce rejet, obtenu sur des arguments procéduraux, illustre les tensions persistantes entre majorité et opposition autour des questions de gouvernance et de sécurité. Si la motion n’a pas franchi l’étape de la recevabilité, elle aura néanmoins servi de tribune pour relancer le débat sur la protection des citoyens, un enjeu central en République démocratique du Congo.
Pour Laddy Yangotikala, l’essentiel est ailleurs : avoir contraint l’exécutif à entendre le cri d’alarme. Reste à savoir si cet électrochoc parlementaire se traduira par des actions concrètes sur le terrain.
Emmanuel KAMBA









