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« Le coup de force est envisagé de part et d’autre » : Jean-Claude Katende alerte sur les dangers pour la démocratie congolaise

Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO, met en garde contre les manœuvres politiques susceptibles de compromettre la stabilité du pays. Dans une analyse critique, il dénonce les intentions de coup de force qui, selon lui, planent sur la République démocratique du Congo.

Dans une tribune publiée ce lundi 26 mai 2025, Jean-Claude Katende exprime sa profonde inquiétude face à la situation politique actuelle en RDC. Il redoute un coup de force, quelle qu’en soit l’origine, visant soit à conserver, soit à conquérir le pouvoir, au mépris des règles démocratiques établies par la Constitution de 2006. Celle-ci, rappelle-t-il, consacre les élections comme seule voie légitime d’accès et de maintien au pouvoir.

Katende évoque les velléités de révision constitutionnelle récemment exprimées par le président Félix Tshisekedi. Celui-ci, dans plusieurs prises de parole publiques, a défendu l’idée de mettre en place une commission chargée de réfléchir à une nouvelle mouture de la Constitution. Une initiative qui, selon Katende, soulève de sérieuses préoccupations quant à la volonté du chef de l’État de prolonger son pouvoir au-delà de 2028, la fin de son second et dernier mandat.

L’activiste rappelle que cette démarche présidentielle s’est accompagnée de discours fermes, voire menaçants, à l’encontre de toute opposition à ce projet. Lors d’un meeting à Lubumbashi, Tshisekedi affirmait : « Qui est celui-là qui va m’interdire, moi le garant de la nation, de modifier la Constitution ? » Des propos qui, pour Katende, trahissent une volonté de passer en force.

Une tentative avortée, freinée par la guerre à l’Est

La mise en place de la commission constitutionnelle évoquée par le président devait intervenir début 2025. Mais l’offensive militaire de l’AFC/M23 et la prise de la ville de Goma ont changé la donne. Le projet de révision a été mis en pause, contraint par la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Pour Katende, ce contexte conflictuel ne signifie pas pour autant un renoncement aux ambitions initiales du régime. Il estime que la stratégie de Tshisekedi pourrait simplement être reportée, en attendant des conditions plus favorables. Mais ce calcul, avance-t-il, n’est pas unilatéral.

L’ancien président Joseph Kabila, dans un récent discours qui a retenu l’attention de l’opinion publique, laisse entrevoir lui aussi une stratégie de confrontation. Selon Katende, Kabila ne cache plus sa volonté de contrer Tshisekedi, voire de provoquer un changement de pouvoir par des moyens non conventionnels.

Quelques minutes après ce discours, Katende écrivait sur son compte X (ex-Twitter) que « le discours du Président Kabila n’avait rien de républicain », renforçant ainsi ses soupçons quant à une intention latente de déstabilisation.

Un duel de survie politique aux dépens du peuple

La tension entre les deux figures politiques majeures se manifeste aussi à travers des actions concrètes. Le camp Tshisekedi envisage la dissolution du PPRD, parti de Kabila, et la levée de ses immunités pour le poursuivre en justice. Des signes qui, selon Katende, confirment une volonté de neutraliser politiquement l’ancien président.

En réaction, Kabila semble préparer sa riposte. Katende observe dans son discours plusieurs indices inquiétants : le refus de nommer son successeur, les appels à mettre fin à la dictature et la réaffirmation de son engagement militaire, bien qu’il ne soit plus en fonction dans l’armée.

Katende ajoute, le retour de Kabila à sa posture de militaire n’est pas anodin. Il rappelle qu’un ancien président ne peut s’autoriser un tel langage sans éveiller des inquiétudes. Son serment de défendre la patrie jusqu’au sacrifice suprême laisse craindre une volonté de recours à la force.

L’usage de l’expression « tous les moyens mis à notre disposition » dans son discours est, pour Katende, une indication claire qu’un coup de force n’est pas exclu par l’ancien président. Cela éloigne le débat politique des voies pacifiques et démocratiques prévues par la loi.

Le peuple, grand oublié d’un bras de fer politique

Dans cette lutte de pouvoir entre les deux camps, Jean Claude Katende déplore que le peuple congolais soit totalement mis de côté. À ses yeux, ni Tshisekedi ni Kabila ne se battent pour l’intérêt général. Leur confrontation n’est motivée que par des enjeux de survie politique et la préservation de leurs privilèges.

Il en appelle à une prise de conscience citoyenne. Selon lui, le peuple doit s’organiser pour faire échec aux deux camps et trouver une troisième voie, plus respectueuse de l’intérêt national et des principes démocratiques.

« Le pays est en danger », alerte Katende, soulignant l’urgence de la situation. La démocratie, affirme-t-il, est sérieusement menacée par ces tensions politiques qui prennent de plus en plus la forme d’un duel sans règles.

Jean Claude Katende termine son message sur une prière : que tous les coups de force échouent et que la démocratie triomphe au Congo. Une déclaration qui sonne comme un appel au sursaut national.

B.A

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