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RDC : poursuivi pour trahison, le procès de l’ancien président Joseph Kabila s’ouvre ce vendredi à la Haute cour militaire

L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, comparaît dès ce vendredi malgré son absence, devant la Haute cour militaire, dans une procédure inédite qui marque un tournant historique pour la justice congolaise.

À la suite de la levée de ses immunités parlementaires par le Sénat, intervenue le 22 mai dernier, le parquet général militaire a ouvert une série de poursuites contre celui qui a dirigé le pays de 2001 à 2018. Les charges sont lourdes et portent sur des faits d’une extrême gravité. Haute trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

D’après certainessourcesproches de cette cour militaire, cette procédure s’inscrit dans une volonté de répondre aux appels à la redevabilité exprimés par les victimes de violences, notamment dans les provinces de l’Est du pays, théâtre de conflits sanglants pendant et après les années Kabila.

Certains faits visés par l’accusation remonteraient à la période de la guerre du Kivu et à la gestion controversée des forces armées, alors sous sa responsabilité directe. L’ancien président est également soupçonné d’avoir facilité, voire soutenu, des groupes armés responsables de massacres, de viols de masse et d’enrôlement d’enfants soldats.

Ce procès, très attendu par l’opinion publique, est perçu par de nombreux Congolais comme une opportunité pour tourner la page de l’impunité des hautes autorités. « Il est temps que la justice passe, même pour ceux qui pensaient être intouchables », commente un avocat des parties civiles.

La tenue de ce procès devant la Haute cour militaire pose néanmoins plusieurs défis, notamment sur le plan sécuritaire, juridique et politique. Des partisans de l’ancien président dénoncent une chasse aux sorcières, tandis que des ONG de défense des droits humains réclament un procès exemplaire, transparent et libre de toute instrumentalisation politique.

Le Congo retient son souffle. Pour la première fois dans son histoire, un ancien chef de l’État va devoir répondre, publiquement, de graves accusations devant la justice de son pays.

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