Trois ans après les violentes manifestations anti-Monusco qui ont coûté la vie à plus de dix civils le 26 juillet 2022, la population de Butembo, dans le Nord-Kivu, a commémoré ce samedi la mémoire des victimes à travers une série d’activités empreintes d’émotion et de revendications.
La journée a débuté par une messe à la cathédrale Mater Ecclesiae, dédiée au repos des âmes des disparus, suivie d’un nettoyage collectif des tombes et du dépôt de gerbes de fleurs sur les sépultures des personnes tombées sous les balles des casques bleus. Ces hommages se sont accompagnés de messages forts réclamant réparation et justice.
« Cette date est historique. Nous la commémorerons chaque année pour honorer nos martyrs. Les Nations unies, qui étaient censées nous protéger, ont trahi leur mission en ouvrant le feu sur des citoyens sans armes. Trois ans plus tard, leur lutte pour la paix continue à travers nous », a déclaré Firmin Kakule, coorganisateur des activités commémoratives.
La mémoire des victimes reste vive dans l’esprit des habitants, qui dénoncent toujours l’impunité et le silence autour de cette tragédie. La pression populaire qui avait suivi les événements de 2022 avait contraint la Monusco à quitter Butembo. Depuis, la mission onusienne n’a jamais pu y revenir, malgré plusieurs tentatives discrètes, régulièrement rejetées par une population méfiante et meurtrie.
Les familles des victimes, les acteurs de la société civile et les responsables religieux réclament désormais des excuses officielles, des compensations pour les familles endeuillées et une enquête internationale indépendante.
Grâce Mukoj









