Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a officiellement lancé la mobilisation générale pour la commémoration du #Genocost, prévue le 2 août prochain, à l’occasion de la réunion du Conseil des ministres tenue ce vendredi 25 juillet. Cette journée vise à honorer la mémoire de millions de Congolais tués, violés et déplacés au cours des conflits armés ayant ensanglanté l’est du pays, souvent motivés par la recherche de gains économiques liés à l’exploitation illégale des ressources naturelles.
La date du 2 août n’est pas anodine. Elle marque le début de la seconde guerre du Congo, en 1998, un conflit qui, selon plusieurs rapports internationaux, a entraîné la mort de plus de six millions de personnes, sans compter les innombrables survivants mutilés, traumatisés ou déplacés.
Le terme Genocost, contraction de « génocide » et « cost » (coût, en anglais), a été adopté par des militants congolais de la diaspora et des organisations de défense des droits humains pour désigner ce massacre de masse orchestré en grande partie pour piller les richesses du Congo, notamment le coltan, l’or, le cobalt et d’autres minerais stratégiques.
Dans son intervention, le Chef de l’État a appelé à une mobilisation citoyenne, institutionnelle et diplomatique autour du #Genocost. Il a exhorté les Congolais, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, à se souvenir et à se recueillir, mais aussi à faire entendre la voix du Congo sur la scène internationale.
« Le Genocost est une réalité douloureuse qui continue de saigner notre nation. Il est temps que le monde reconnaisse ce que notre peuple a enduré pour que d’autres vivent dans l’opulence », a déclaré le Président Tshisekedi.
Au-delà de la commémoration, les autorités congolaises entendent poursuivre les efforts pour obtenir une reconnaissance officielle du Genocost au niveau international. Le Président a ainsi réitéré son soutien à l’adoption d’une journée mondiale du Genocost à l’ONU et à la mise en place d’un tribunal international pour le Congo, comme recommandé dans le Rapport Mapping des Nations Unies publié en 2010, mais resté sans suite.
Le 2 août prochain s’annonce comme une journée historique pour la République démocratique du Congo. Dans un pays où la souffrance collective a trop longtemps été tue ou instrumentalisée, cette initiative pourrait marquer le début d’un long processus de réconciliation, de vérité et de justice, indispensable pour panser les plaies du passé et construire un avenir durable.
Emmanuel Kamba









