Réduit au silence depuis plusieurs années derrière les barreaux, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, est enfin libre. Une libération qui suscite à la fois soulagement, interrogations et remous dans les milieux politiques et religieux du pays.
Condamné en 2021 à trois ans de prison pour « incitation à la haine et atteinte à la sûreté de l’État », Ngoy Mulunda avait été accusé d’avoir tenu des propos jugés incendiaires lors d’un culte organisé à Lubumbashi. Ancien proche de l’ex-président Joseph Kabila, il avait alors vu sa liberté brutalement suspendue, et avec elle, toute participation à la vie publique.
Amaigri, visiblement marqué par les années passées en détention, il est apparu digne mais silencieux, saluant ses soutiens sans prononcer de déclaration officielle.
Ngoy Mulunda reste une figure centrale de l’histoire électorale récente de la RDC. À la tête de la CENI en 2011, il avait supervisé un scrutin contesté qui avait reconduit Joseph Kabila au pouvoir dans une atmosphère de tensions et d’accusations de fraudes massives. Certains le considèrent comme un homme de paix, d’autres comme un symbole de manipulation institutionnelle.
Sa sortie de prison ravive le débat sur les prisonniers dits « politiques » dans le pays. Pour ses partisans, cette libération est tardive mais bienvenue. Pour ses détracteurs, elle soulève la question du rôle réel qu’il pourrait encore jouer dans le contexte politique actuel.
Reste désormais à savoir si le pasteur Ngoy Mulunda compte renouer avec l’arène politique ou religieuse. Dans un climat national marqué par la quête d’apaisement et de réconciliation, sa voix si elle s’élève à nouveau pourrait peser lourd, pour le meilleur ou pour le pire.
Ben AKILI









