Le vent de colère gronde dans les milieux politiques et sportifs de la République démocratique du Congo. Maître Didier Bitaki, analyste politique et avocat de formation, n’a pas mâché ses mots : «Nous exigeons l’arrestation de Didier Bundibu pour escroquerie et détournement de deniers publics.» Le ministre des Sports se retrouve ainsi au cœur d’un scandale financier d’une ampleur inédite, aux conséquences désastreuses pour l’image et les finances du pays.
Selon plusieurs sources concordantes, notamment les révélations du journaliste français Romain Molina sur les ondes de Digital Congo FM, le ministre Bundibu aurait versé 10 millions d’euros au FC Barcelone sans contrat formel, ni projet défini. Une transaction pour le moins douteuse, d’autant plus que le club catalan aurait proposé par la suite une offre publicitaire sans visibilité concrète pour la RDC. En clair, aucun logo, aucun slogan national sur les canaux officiels du club, alors que le sponsor principal du Barça paie deux fois moins pour figurer sur le maillot d’entraînement.
Mais ce n’est pas tout. Didier Bundibu aurait également déboursé 5 millions d’euros en faveur de l’AS Monaco, toujours sans cahier des charges clair, pour faire apparaître le logo du projet « Cœur d’Afrique » sur des maillots d’équipes de jeunes que personne ne regarde. Une autre opération cosmétique, aussi opaque qu’inutile.
Et comme pour compléter ce tableau d’opérations peu orthodoxes, des fonds auraient aussi été transférés à un club de Milan, là encore sans projet ni contrat en bonne et due forme. Une série de dépenses publiques à l’étranger, dans un contexte où les clubs locaux, les infrastructures sportives et même les équipes nationales sont à l’agonie.
La situation est d’autant plus alarmante que le Championnat national de football est à l’arrêt, plongeant tout le secteur dans une crise profonde. L’absence de compétition pourrait même conduire à une suspension de la RDC par la CAF et la FIFA, suite aux injonctions du Tribunal arbitral du sport (TAS) ignorées par la FECOFA, elle-même impuissante face au désastre.
Un sabotage déguisé?
Pour Maître Bitaki, les faits sont suffisamment graves pour justifier l’intervention urgente de la CENAREF, de la Cour des comptes, de la Cour de cassation et des services spécialisés. « Il s’agit ni plus ni moins d’un acte d’escroquerie organisé au sommet de l’État, un détournement caractérisé des ressources du peuple congolais.»
Dans un pays où les besoins fondamentaux restent criants : éducation, santé, infrastructures, sécurité, de telles dérives financières ne peuvent rester impunies. L’analyste va plus loin en dénonçant un plan de sabotage orchestré par certains collaborateurs du président Tshisekedi pour ternir son image et démoraliser ses électeurs. « Ce qui se passe aujourd’hui est une trahison pure et simple contre la République..»
Une réaction attendue
L’opinion publique, outrée, attend désormais une réponse forte des institutions judiciaires. Car au-delà des montants astronomiques en jeu, c’est la crédibilité de l’État congolais et l’avenir du sport national qui sont en péril.
Patient Mukuna









