Le ministre intérimaire de la Justice, Samuel Mbemba, a tiré la sonnette d’alarme lundi à Kinshasa sur le déficit criant de magistrats en République démocratique du Congo, en rappelant la norme internationale recommandant un magistrat pour 5.000 habitants.
Cette problématique a été soulevée lors d’une réunion stratégique avec les procureurs généraux près les Cours d’appel de Gombe et de Matete. Le ministre Mbemba a souligné l’urgence d’apporter une réponse concrète à ce déséquilibre structurel qui freine l’accès équitable à la justice.
« C’est une problématique dont je considère la solution comme étant urgente, parce que, comme vous le savez, les normes internationales recommandent un ratio d’occupation d’un magistrat pour 5.000 habitants », a-t-il insisté.
Avec une population estimée à plus de 100 millions d’habitants, la RDC accuse un retard considérable dans la répartition des magistrats à travers le territoire national. Dans plusieurs provinces, les juridictions fonctionnent avec un personnel judiciaire réduit, souvent débordé par l’ampleur des dossiers à traiter.
Ce déséquilibre crée un goulet d’étranglement au niveau de l’appareil judiciaire, nourrissant l’arriéré judiciaire, l’impunité, et dans certains cas, la méfiance de la population envers les institutions judiciaires.
Samuel Mbemba a évoqué la nécessité de recruter massivement de nouveaux magistrats, mais également de redéployer de manière stratégique les ressources humaines existantes. Selon lui, cette réforme est indispensable pour rapprocher la justice des citoyens et garantir l’État de droit.
Les participants à la réunion ont également plaidé pour un budget conséquent dédié à la formation, à la motivation et à la sécurité des magistrats.
Patient Mukuna









