L’étau semble se resserrer autour de Jacques Kyabula, gouverneur de la province du Haut-Katanga. Selon une source proche du dossier, il aurait été placé sous haute surveillance et interdit de quitter Kinshasa jusqu’à nouvel ordre, sur instruction de la hiérarchie.
Cette décision intervient dans un climat politique particulièrement tendu. En effet, une grande marche populaire a eu lieu ce mardi dans les rues de Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga. Des milliers de manifestants, encadrés par des organisations citoyennes et des mouvements de la société civile, ont exigé le départ immédiat de Jacques Kyabula à la tête de la province.
Les manifestants dénoncent une gestion jugée opaque et clientéliste, marquée par des soupçons de détournements de fonds publics, un favoritisme régional, et l’instrumentalisation des institutions provinciales. « Kyabula doit partir ! », « Le Haut-Katanga n’est pas un bien privé ! », pouvait-on lire sur plusieurs calicots brandis par les protestataires.
Selon des témoins, la marche s’est déroulée dans le calme, bien que fortement encadrée par les forces de l’ordre, visiblement en alerte face au risque d’un dérapage.
Un isolement politique progressif
Le placement sous surveillance de Jacques Kyabula à Kinshasa, loin de sa province d’origine, renforce l’hypothèse d’un isolement politique progressif orchestré depuis le sommet de l’État. Il y a quelques semaines déjà, certains signaux indiquaient un désengagement du pouvoir central vis-à-vis de son gouverneur, marginalisation dans les réunions stratégiques, gel de certains financements, et multiplication de rapports critiques sur sa gouvernance.
Cette situation relance également les spéculations sur un probable remplacement, d’autant plus que des ambitions internes à l’Union sacrée coalition au pouvoir se dessinent déjà autour du fauteuil de gouverneur du Haut-Katanga.
Pendant ce temps, la population du Haut-Katanga continue de faire entendre sa voix, réclamant transparence, changement et respect de l’intérêt général.
Ben AKILI









