Dans un contexte où le Président Félix Tshisekedi s’évertue à redorer l’image de la République démocratique du Congo sur la scène internationale, et à impulser un souffle nouveau de justice, de transparence et de développement, il est affligeant pour ne pas dire honteux de constater que certains membres de sa propre famille ternissent son image et trahissent sa vision, particulièrement dans l’espace stratégique du Grand Katanga.
À Lubumbashi, Kolwezi, Likasi et d’autres coins riches en ressources minières, l’arrogance et la prédation sont désormais les marques déposées de ceux qui, hier encore, ne possédaient ni nom ni statut. Aujourd’hui, sous le prétexte fallacieux de « famille présidentielle », ils se comportent en nouveaux colons, s’accaparant illégalement des concessions minières appartenant à des sociétés privées, foulant au pied les droits des communautés locales et étouffant les maigres bénéfices autrefois perçus par les autochtones.
Ce qui choque davantage, c’est l’impunité dont ils jouissent. En dépit des dénonciations récurrentes faites par les organisations de la société civile et certains élus courageux, ces individus continuent d’imposer leur loi. Ils agissent en terrain conquis, comme s’ils détenaient un permis de pillage délivré au nom de leur lien familial avec le chef de l’État.
Or, faut-il le rappeler, le Président Tshisekedi n’a jamais donné mandat à sa famille de spolier le peuple. Sa vision d’un « Congo nouveau », axée sur la justice sociale et la gouvernance responsable, est gravement sabotée par ces comportements mafieux qui réveillent de vieux démons dans une région déjà fragilisée par des décennies de frustrations.
Il est temps d’agir. Il est temps de rappeler que la proximité avec le pouvoir ne donne pas droit à l’anarchie ni à la prédation. Ceux qui profitent de leur patronyme pour s’enrichir sur le dos du peuple violent non seulement la morale républicaine, mais aussi l’espoir que des millions de Congolais ont placé dans ce mandat présidentiel.
Le silence du Président sur cette question devient pesant. S’il ne se désolidarise pas clairement de ces abus, il court le risque d’être associé à tort ou à raison aux dérives d’un clan familial insatiable. Le Congo ne peut pas redevenir la chasse gardée d’une poignée de privilégiés sous prétexte de parenté. Le Grand Katanga, pilier économique de notre pays, mérite mieux qu’un retour au féodalisme.
L’histoire retiendra que la trahison la plus douloureuse est souvent celle qui vient de l’intérieur. Il appartient au Chef de l’État, garant de la nation, de trancher dans le vif et de restaurer l’autorité républicaine, même au prix de l’ingratitude familiale. Car il y va de sa crédibilité, de son héritage, et du rêve collectif de tout un peuple.









