Les salaires des agents et fonctionnaires de l’État congolais seront bel et bien disponibles à partir de ce mercredi 30 juillet 2025, a confirmé Yannick Isasi, président intérimaire du Comité de suivi de la paie. Selon lui, les banques commerciales ont déjà été approvisionnées, et les listings sont actuellement en traitement par les services compétents pour finaliser le processus.
Cette annonce fait suite à une réunion de coordination tenue en début de semaine, à laquelle ont pris part les représentants des ministères des Finances, du Budget et de la Fonction publique, ainsi que ceux des banques commerciales et des différents services publics impliqués dans la chaîne de la paie.
Cependant, derrière cette communication officielle qui se veut rassurante, plusieurs observateurs s’interrogent, « pourquoi faut-il toujours autant d’acrobaties administratives pour assurer le paiement d’un droit aussi fondamental que le salaire des agents publics » ?
Le versement des salaires, qui devrait être un processus fluide et régulier, semble encore tributaire de multiples réunions de crise et de déclarations médiatiques. Ce qui suscite un malaise dans l’opinion, paie-t-on les fonctionnaires comme un acte de charité ou en reconnaissance de leur travail ?
Malgré l’existence d’un Comité de suivi de la paie, le traitement des listings demeure un parcours semé d’embûches. Plusieurs fonctionnaires dénoncent des retards récurrents, des retenues injustifiées et une absence de transparence sur les mécanismes de traitement de leur rémunération. Dans certaines provinces, il arrive même que les agents soient payés avec plusieurs mois de décalage, sans explication officielle.
« Quand on en arrive à faire des annonces pour dire que les banques sont approvisionnées, c’est que quelque chose ne va pas dans la gestion normale de la fonction publique. On a l’impression que chaque fin de mois est un miracle, alors que c’est un droit inscrit dans la Constitution », confie un syndicaliste de Kinshasa.
Il est temps, selon certains analystes, que le gouvernement modernise et automatise complètement la chaîne de la paie. Non seulement pour mettre fin à la politisation de ce processus, mais aussi pour garantir la dignité de milliers de fonctionnaires qui, chaque mois, vivent dans l’incertitude.
La paie annoncée pour ce mercredi 30 juillet n’est donc qu’un soulagement momentané. Le vrai défi demeure : rendre le paiement des salaires non seulement ponctuel, mais aussi prévisible, transparent et respectueux du statut des agents de l’État. Tant que ce défi ne sera pas relevé, chaque annonce de paie ressemblera à une faveur accordée et non à un droit exercé.
Ben AKILI









