En pleine montée de tension dans le secteur de la santé, le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe, a effectué ce mardi une visite surprise à l’hôpital provincial Jason Sendwe et à l’hôpital général de référence de la Kenya, à Lubumbashi. Une tournée humaniste et stratégique visant à calmer les esprits dans un contexte de grève imminente des personnels soignants.
« Nous comprenons vos revendications, elles sont légitimes. Mais je vous demande de ne pas aller tous en grève. Parmi les malades, il y a parfois nos propres parents, cousins, amis… Imaginez qu’ils viennent ici et qu’ils ne trouvent personne. Ce serait une mauvaise chose pour notre conscience. Ne la surchargeons pas, surtout si des décès surviennent par manque de soins », a exhorté Martin Kazembe devant une équipe soignante attentive et visiblement émue.

Le chef de l’exécutif provincial par intérim a appelé les syndicats de la santé à privilégier la voie du dialogue, annonçant dans la foulée une démarche concrète : « Je vous demande de constituer une délégation. Elle sera entièrement prise en charge par la province pour aller à Kinshasa poser le problème au niveau national. Des discussions sont en cours pour une solution durable.»
Au-delà des paroles, l’acte. Le gouverneur Kazembe a marqué les esprits par un geste fort : il a personnellement réglé les frais d’hospitalisation de plusieurs femmes ayant accouché dans les deux structures visitées, mais qui étaient retenues faute de moyens financiers pour payer les soins. Un soulagement pour ces mères et leurs familles.
« Je ne m’attendais pas à une telle aide, j’étais ici sans pouvoir sortir avec mon bébé, car je ne pouvais pas payer la facture. Que Dieu bénisse le gouverneur pour ce geste. Il a soulagé notre souffrance », a déclaré l’une des bénéficiaires, les larmes aux yeux.
Une autre jeune maman, visiblement émue, ajoute : « Je suis venue accoucher seule. Ma famille est à Kipushi. Sans argent, j’étais bloquée ici. Grâce à lui, je vais enfin rentrer. Ce geste me redonne foi en nos autorités. »

Un appel à la responsabilité partagée
Martin Kazembe a profité de cette visite pour lancer un appel à la responsabilité collective.
« Ce n’est pas le moment d’abandonner nos hôpitaux. Le pays traverse des difficultés, certes, mais nous devons faire preuve de solidarité. Nous ne devons pas pénaliser les plus vulnérables », a-t-il insisté.
Ce déplacement du gouverneur intérimaire est perçu comme un signal fort d’écoute et de proximité, dans un contexte social particulièrement tendu. Si l’acte posé soulage temporairement quelques familles, il interpelle aussi les autorités nationales sur la nécessité d’une réforme structurelle du système de santé, en particulier la situation sociale des soignants, en attente de meilleures conditions de travail et de rémunération.
La balle est désormais dans le camp de Kinshasa, où une délégation du Haut-Katanga s’apprête à porter la voix des hôpitaux de Lubumbashi, dans l’espoir de résultats concrets.
Ben AKILI









