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Procès Kabila : pourquoi payer des centaines de milliers aux avocats pour un combat déjà gagné ?

C’est un vent de stupéfaction qui souffle dans les milieux politiques et judiciaires après les révélations sur les montants faramineux engagés pour les avocats du procès dit « Kabila ». Selon des sources concordantes, des honoraires allant jusqu’à 400 000 USD par avocat seraient mobilisés en procédure d’urgence, sur demande expresse du vice-ministre de la Justice, Samuel Mbemba.

Une procédure inhabituelle, un budget colossal, et surtout une question qui brûle toutes les lèvres « pourquoi autant d’empressement et d’argent public pour un procès dont l’issue semble déjà écrite » ?

« Ces avocats sont payés comme des pompiers qu’on appelle à intervenir alors qu’il n’y a même pas de feu », ironise un magistrat contacté sous anonymat.

Plusieurs analystes dénoncent une mise en scène judiciaire aux frais du contribuable.

« Face à ces avocats grassement rémunérés, il n’y a pratiquement aucune partie adverse sérieuse. On veut gagner un procès contre le vent ! Mon pays a touché le fond », se désole un politologue basé à Kinshasa.

Le caractère urgent de la dépense interroge encore davantage. Pourquoi ne pas consacrer ces moyens à des dossiers prioritaires, comme ceux des détenus en attente de procès depuis des années ou des magistrats non payés ?

« Ce qui choque, c’est la hiérarchie des urgences dans notre système judiciaire. Quand il faut libérer un citoyen injustement détenu, on dit qu’il faut attendre le budget. Mais pour une affaire politique dont l’enjeu est nul, on débloque des millions », fustige un avocat du barreau de Kinshasa Gombe.

Malgré les multiples sollicitations de la presse, le cabinet du vice-ministre Mbemba n’a pas encore fourni d’explication officielle. L’opacité entourant cette décision ne fait qu’alimenter les spéculations et le malaise au sein de l’opinion publique.

Le procès « Kabila » s’apparente de plus en plus à une opération de communication politique, destinée à occuper l’espace médiatique ou à distraire des véritables enjeux de gouvernance.

« On n’a pas besoin de dix avocats millionnaires pour juger une affaire aussi vide. Tout cela sent la manipulation », estime un ancien haut cadre de la magistrature.

Alors que la population ploie sous la misère et que l’appareil judiciaire manque de tout, cette affaire jette une lumière crue sur les priorités déroutantes de certains décideurs.

Patient Mukuna

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