Le remaniement du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa tarde à voir le jour. Et pour cause, selon le journaliste politique Gauthier Sey, le président Félix-Antoine Tshisekedi chercherait à obtenir l’adhésion du Camp de la Patrie, voire de son leader emblématique, Martin Fayulu, avant d’officialiser la nouvelle équipe gouvernementale.
« Le chef de l’État tient à donner une coloration inclusive à ce gouvernement. Il aimerait voir Martin Fayulu ou, à défaut, quelques figures influentes de son camp intégrer la nouvelle configuration », rapporte Gauthier Sey, citant des sources proches du Palais de la Nation.
Mais l’équation semble complexe. Martin Fayulu ne fermerait pas totalement la porte à une participation, mais pose ses conditions. Il réclame un dialogue politique inclusif en amont, qui poserait les bases d’un gouvernement élargi. Sans cela, aucune participation directe ne serait envisageable, fait-on savoir dans son entourage.
Pendant ce temps, l’Union sacrée de la nation aurait déjà finalisé sa proposition d’équipe ministérielle. « Ce travail s’est fait de manière unilatérale, sans consultation élargie », affirme une source proche du dossier. Le président Tshisekedi aurait, selon elle, déjà « bouclé » les arbitrages concernant les quotas de l’USN, laissant en suspens seulement la question de l’ouverture au Camp de la Patrie.
Ce blocage, à la fois stratégique et politique, démontre la volonté du chef de l’État de pacifier le climat postélectoral, tout en consolidant son pouvoir à travers une majorité gouvernementale élargie.
Jusqu’où ira la main tendue du président ? Martin Fayulu franchira-t-il le Rubicon ? En attendant, le remaniement Suminwa 2 reste suspendu à un fil politique délicat.
Alfred Ngongo









