La tension politique ne faiblit pas dans l’espace du Haut-Katanga. Alors que le gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula multiplie des actions de proximité et d’assainissement dans la gestion provinciale, la Fédération de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) de Kasumbalesa, dirigée par l’honorable Isaac Tshiswaka Tshilombo, a officiellement déclaré son soutien « total et indéfectible » à l’actuel homme fort de Lubumbashi, tout en exigeant le départ sans délai de Jacques Kyabula Katwe.
« Nous ne pouvons plus tolérer l’arrogance et la gestion clanique qui ont caractérisé l’ancien gouverneur. Le Haut-Katanga a besoin d’un leadership responsable, éthique et tourné vers les vraies urgences sociales. Ce profil, c’est Martin Kazembe Shula qui l’incarne aujourd’hui », a déclaré Isaac Tshiswaka Tshilombo au cours d’un point de presse tenu ce lundi à Kasumbalesa.
Kazembe Shula, un leadership de rigueur et d’écoute
Depuis sa nomination en qualité de gouverneur intérimaire, Martin Kazembe Shula a surpris plus d’un observateur par sa méthode sobre mais efficace. Il n’hésite pas à descendre sur le terrain, à visiter les hôpitaux, dialoguer avec les personnels soignants et écouter les revendications des citoyens. Cette proximité, absente sous l’ancienne gouvernance, est aujourd’hui saluée par une grande partie de la population.
« Il ne promet pas, il agit. Il n’attend pas les caméras pour visiter les hôpitaux. Il fait de l’écoute une arme de gouvernance », souligne un responsable de la société civile de Lubumbashi.
En l’espace de quelques semaines, le gouverneur intérimaire a lancé une série d’audits internes dans les services clés de l’administration provinciale, mis fin à certains abus et instauré un climat de discipline dans les cabinets. Une nouvelle ère de rigueur, selon plusieurs observateurs.
L’UDPS Kasumbalesa ne mâche pas ses mots en accusant l’ancien gouverneur Jacques Kyabula d’avoir terni l’image de la province à travers une gouvernance jugée opaque, marquée par des conflits d’intérêts, des enrichissements douteux et une instrumentalisation des institutions provinciales.
« Ce que nous avons vécu sous Kyabula, c’est la honte ! Des marchés publics détournés, des terres spoliées, une élite coupée du peuple. Le peuple en a assez ! », tonne Tshiswaka Tshilombo.
Et d’ajouter :
« C’est l’occasion de rebâtir une gouvernance humaine et crédible. Le Président Tshisekedi a tout intérêt à s’appuyer sur des hommes loyaux, propres et capables d’exécuter sa vision de l’État de droit. Kazembe est de cette trempe.»
Des accusations qui résonnent avec les manifestations citoyennes organisées récemment à Lubumbashi, où des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour exiger le départ de Kyabula et soutenir l’actuelle transition.
Une transition attendue vers une gouvernance participative
L’honorable Tshiswaka appelle à la vigilance de la présidence de la République pour ne pas « permettre un retour en arrière » dans le Haut-Katanga. Il invite toutes les forces vives à accompagner Martin Kazembe Shula jusqu’à l’organisation des prochaines élections des gouverneurs.
Emmanuel Kamba









