La Cour de cassation a tranché. La Première ministre Judith Suminwa ne comparaîtra pas comme témoin dans le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, poursuivi pour détournement présumé de deniers publics. La demande de comparution, formulée par la défense, a été rejetée par le président de la Cour, qui a invoqué des « raisons d’État » pour motiver sa décision.
Cette requête s’inscrivait dans une stratégie de la défense visant à faire entendre plusieurs personnalités-clés dans le déroulement du dossier, parmi lesquelles la cheffe du gouvernement. Les avocats de Constant Mutamba estiment en effet que l’intervention de Judith Suminwa aurait permis d’éclairer certains points liés à la gestion des fonds publics au cœur de cette affaire.
En rejetant cette demande, la Cour rappelle la délicatesse de certaines fonctions institutionnelles dans un contexte judiciaire. « Il n’est pas opportun, pour des considérations liées à la stabilité de l’État, que la Première ministre soit entendue dans cette phase du procès », a déclaré le président de la Cour lors de l’audience.
La défense, tout en prenant acte de cette décision, a exprimé sa déception, soulignant que le droit à un procès équitable implique la possibilité d’interroger tous les témoins pertinents, sans distinction de rang. Du côté de l’accusation, ce refus est perçu comme une mesure de bon sens visant à éviter toute interférence politique dans une procédure judiciaire en cours.
La prochaine audience du procès est fixée au mardi 13 août. Elle s’annonce décisive pour la suite de l’instruction, avec de nouvelles auditions attendues et, peut-être, des éléments inédits sur le fond du dossier.
Patient Mukuna









