Nouveau rebondissement dans le procès pour détournement de fonds publics impliquant l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba. Lors de la cinquième audience tenue ce mercredi 06 août à la Cour de cassation, le témoignage de Rose Mutombo, ancienne garde des Sceaux, a marqué un tournant majeur dans la défense du prévenu.
Face à la barre, Rose Mutombo a confirmé que 18,5 % des montants perçus par la RDC dans le cadre des indemnisations versées par l’Ouganda pour les victimes de la guerre de six jours ont été effectivement gérés par le ministère de la Justice, et ce, sur orientation expresse du Conseil des ministres. Une déclaration qui a semblé conforter la position des avocats de la défense.
« Monsieur le président, nous sommes satisfaits, nous sommes confortés dans notre position », a déclaré l’un des avocats du prévenu, visiblement soulagé.
Et de poursuivre :
« Nous restons dans le cadre du contrat judiciaire des 19.900.000 dollars. Ont-ils été dépensés en accord avec le gouvernement ou sur initiative propre du prévenu ? Nous avons désormais des réponses. »
Le témoignage de l’ancienne ministre laisse entendre que les décaissements effectués par le ministère de la Justice pourraient avoir été faits dans un cadre institutionnel validé, ce qui pourrait affaiblir l’accusation de détournement de fonds portée contre Constant Mutamba.
Cette révélation vient à point nommé pour la défense, qui plaide depuis le début pour une lecture politique du dossier, estimant que toutes les dépenses ont été effectuées dans le strict respect des orientations gouvernementales. En toile de fond, les 19,9 millions de dollars versés par l’Ouganda à la RDC à titre de réparation, dont la gestion fait aujourd’hui l’objet de ce procès très suivi.
Le procès Mutamba, suivi de près par les observateurs politiques et judiciaires, soulève des questions sensibles sur la traçabilité des fonds publics, mais aussi sur les rivalités au sein de la majorité présidentielle. Plusieurs voix dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques, tandis que d’autres y voient une volonté affichée de transparence et de redevabilité.
Pour l’heure, le témoignage de Rose Mutombo pourrait bien redistribuer les cartes. La balle est désormais dans le camp de la Cour, qui devra apprécier si les éléments apportés par la défense suffisent à disculper l’ancien ministre.
L’audience a été levée sur une note d’apaisement de la part de la défense, confiante dans l’évolution du procès à venir. La suite des débats est attendue avec impatience.
Patient Mukuna









