Cinquante-deux membres démocrates du Congrès américain, dont un membre influent du sous-comité du commerce des voies et moyens, ont vivement critiqué l’administration américaine pour son manque de transparence dans les négociations en cours avec la République démocratique du Congo (RDC) sur un accord minier stratégique.
Dans une lettre adressée lundi 11 août 2025 au président Donald Trump et au secrétaire d’État Marco Rubio, ces élus dénoncent le refus de l’exécutif de fournir des informations substantielles au public et au Congrès sur l’état d’avancement des pourparlers.
« Nous ne pouvons pas cautionner un accord qui se prépare dans l’ombre, sans consultation et sans garanties pour les droits humains », peut-on lire dans le document signé par les parlementaires.
Les signataires rappellent que la RDC est l’un des pays où l’exploitation minière demeure la plus dangereuse au monde. Ils soulignent des réalités alarmantes : travail forcé, exploitation d’enfants, déplacements forcés de communautés, violences sexuelles et pollution à grande échelle.
Selon leurs estimations, près de 350 000 mineurs de cobalt œuvrent dans le pays, dont environ 80 000 dans des conditions mettant gravement leur vie en danger et sans équipement de protection.
Parmi eux, environ 40 000 enfants, parfois âgés de seulement sept ans, seraient contraints de travailler dans les mines artisanales.
« Un partenariat stratégique ne peut ignorer la souffrance de milliers d’enfants réduits à extraire le cobalt à mains nues », dénonce un élu démocrate de Californie.
L’accord visé entre Washington et Kinshasa viserait à sécuriser la chaîne d’approvisionnement américaine en minéraux critiques, dans un contexte où la demande mondiale explose, notamment pour les batteries de véhicules électriques et les technologies vertes.
Cependant, les élus préviennent à dire que « Cette ambition économique ne doit pas devenir un permis d’exploiter sans limites. La sécurité, la dignité humaine et la protection de l’environnement doivent primer sur le profit », poursuit le document.
Ils appellent l’administration américaine à conditionner tout accord à des engagements fermes de la RDC en matière de lutte contre le travail des enfants, d’amélioration des conditions de travail, de respect des droits des communautés locales et de protection environnementale.
De son côté, le gouvernement congolais n’a pas encore officiellement réagi à cette prise de position. Mais sur fond de critiques internationales, la pression monte pour que Kinshasa garantisse plus de traçabilité et de transparence dans le secteur minier, clé de son économie mais aussi de sa réputation à l’étranger.
Pour les observateurs, cet épisode illustre un bras de fer diplomatique où les enjeux géopolitiques et économiques s’entrechoquent avec les impératifs éthiques.
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