Le parti Ensemble pour la République, dirigé par Moïse Katumbi, a conclu ce mardi un conclave stratégique de deux jours à Bruxelles, en affichant sa détermination à riposter “avec lucidité et fermeté” face à ce qu’il qualifie de dérives autoritaires et de menaces contre la démocratie congolaise.
Réunis les 12 et 13 août autour du Comité Directeur à l’exception de Salomon Kalonda, empêché pour raisons de santé, les cadres, élus, représentants de la diaspora et responsables d’organes spécialisés ont travaillé “dans un esprit d’unité et de mobilisation totale” pour contrer ce qu’ils considèrent comme un glissement dangereux du pouvoir actuel.
Le conclave a débuté par un hommage à l’honorable Chérubin Okende, “victime d’un ignoble crime dont les auteurs et commanditaires doivent être identifiés, jugés et condamnés”. La mémoire de Mme Eurêka Yondiboma, coordinatrice provinciale de l’Équateur, disparue prématurément, a également été honorée.
Dans son communiqué final, Ensemble pour la République dresse un tableau sombre de la gouvernance actuelle, notamment caractérisé par la guerre à l’Est, “qui fragilise la cohésion nationale”; la “tentative persistante” de modification de la Constitution pour prolonger indéfiniment le mandat présidentiel ; le “bradage méthodique” des richesses nationales ; les “dérives autoritaires” avec justice instrumentalisée, arrestations arbitraires et procès politiques, mais également la “corruption généralisée” et “détournement massif” des deniers publics ; sans oublier crise économique et sociale étouffant les ménages et les “manœuvres dilatoires” visant à torpiller le dialogue inclusif initié par la CENCO et l’ECC.
Ainsi face à cette situation, Katumbi appelle à l’action, « l’heure n’est plus aux lamentations : l’heure est à la mobilisation et à l’action.” Le parti réaffirme plusieurs positions :
- Souveraineté et intégrité territoriale : “Non négociables.”
- Respect des délais constitutionnels : “Aucun arrangement ni manipulation juridique ne saurait justifier un mandat illégal.”
- Réforme interne pour “accroître la capacité d’action” en vue des futures batailles électorales et politiques.
- Mobilisation nationale et diaspora : implantation dans tous les territoires et utilisation de la diaspora comme “force vive du changement”.
- Lutte contre la corruption et justice instrumentalisée : mécanisme de protection et d’alerte pour défendre les libertés publiques et dénoncer les abus.
- Dialogue inclusif contraignant sous l’égide de la CENCO et de l’ECC pour “ramener une paix durable et reconstruire la stabilité à l’Est”.
“Nous appelons chaque Congolaise et chaque Congolais, dans toutes les provinces et dans la diaspora, à exiger la tenue d’un Dialogue inclusif pour ramener la paix et la cohésion nationale. L’avenir du Congo ne se négocie pas : il se conquiert », poursuit le communiqué.
Moïse Katumbi tend la main à l’opposition non armée et à la société civile pour “mettre fin à la dictature et restaurer un pouvoir légitime issu d’élections crédibles”.
Emmanuel Kamba









