Après un long moment de retrait de la scène publique, Richard Muyej Mangez Mans, figure rare et respectée de la politique congolaise, brise enfin le silence. Celui qui reste profondément attaché à son Lualaba natal reprend la parole, animé par une conviction intacte : servir son pays malgré les épreuves et les ombrages qu’on a voulu jeter sur son parcours.Sur son compte X, l’ancien gouverneur du Lualaba a annoncé avec force son retour dans le débat national. Un engagement formulé avec passion.
«Le scandale est immense et m’invite au débat, j’y suis désormais et j’y reste», écrit-il.
Cette sortie médiatique vient rappeler la stature d’un homme d’État que le régime Tshisekedi avait choisi d’écarter, dans un contexte marqué par des appétits féroces autour des richesses minières du Lualaba. À l’époque, Kinshasa voyait en Muyej non pas un partenaire, mais un obstacle à certains calculs politiques et financiers. Mis en marge, l’ancien gouverneur fut présenté comme un rival gênant, au point d’être livré à la vindicte publique.
Pourtant, ses mots d’aujourd’hui témoignent d’un patriotisme intact et d’un courage politique qui le distinguent dans une classe dirigeante souvent compromise. Sa réaction au procès dit « Kabila » en est une illustration. Alors que le ministère public réclame 24 milliards de dollars pour trahison, le dossier bascule dans l’absurde.
« Curieux paradoxe : Comment trahir un pays dont on ne serait même pas citoyen ? Le ministère public le dit congolais, la partie civile (sic) le voit en agent double. Et cerise sur le dossier : L’État congolais est à la fois victime, juge et accusateur. Une pièce de théâtre où l’identité du protagoniste change selon les besoins du scénario. Justice ou tragédie nationale ? En RDC mon pays, même les procès ont des rebondissements dignes d’un feuilleton », regrette Richard Muyej.
En prenant la plume, Muyej ne parle pas seulement d’un procès. Il expose, avec lucidité, les dérives d’un système politique qui détourne la justice pour servir ses propres desseins. Mais au-delà de la critique, son retour sur la scène publique traduit une détermination : celle d’un homme qui n’a jamais cessé d’aimer son Lualaba, ni de croire en la République démocratique du Congo.
Dans un climat où les voix indépendantes sont souvent étouffées, la parole de Richard Muyej Mangez Mans sonne comme un rappel. Il existe encore, au Congo, des hommes d’État capables d’allier loyauté envers la nation et courage de dénoncer.
Au-delà des intrigues politiques et des calculs miniers, Richard Muyej incarne surtout la voix d’un Congo qui refuse de se résigner aux inégalités sociales. Son combat dépasse le cadre du Lualaba. Il s’inscrit dans celui d’une nation où l’immense richesse du sous-sol contraste encore avec la misère de ses populations. En reprenant la parole, il ne cherche pas seulement à défendre son honneur politique, mais à rappeler qu’une gouvernance juste et équitable reste la seule voie pour redonner dignité aux Congolais.
Ben AKILI









