Les États-Unis ont haussé le ton ce vendredi 22 août au Conseil de sécurité de l’ONU, en exigeant le retrait immédiat des troupes rwandaises présentes sur le sol congolais et en appelant la République démocratique du Congo (RDC) à respecter les engagements qu’elle a pris dans le cadre de l’accord de paix signé récemment à Washington.
Lors de cette séance consacrée à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, la délégation américaine a exprimé sa “vive préoccupation face à la persistance des atrocités commises dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où les combats opposant l’Alliance des forces du changement (AFC/M23) aux Forces armées de la RDC (FARDC) continuent de faire des victimes civiles et d’aggraver la crise humanitaire.
Washington a exhorté le Rwanda à mettre fin à toute présence militaire directe en territoire congolais, rappelant que cette situation viole la souveraineté de la RDC et constitue un frein majeur au retour de la paix. Parallèlement, les États-Unis ont insisté sur la nécessité pour Kinshasa de “tenir ses engagements”, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de réformes sécuritaires et le respect des clauses de l’accord de paix conclu dans la capitale américaine.
“Il est temps que toutes les parties démontrent leur bonne foi. Ni Kigali ni Kinshasa ne peuvent se soustraire à leurs responsabilités”, a déclaré la représentante américaine.
Doha, une lueur d’espoir fragile
Tout en condamnant la poursuite des violences, Washington a encouragé la poursuite des pourparlers de Doha, où des discussions sont en cours entre représentants du gouvernement congolais, du M23 et des partenaires régionaux. Ces négociations sont considérées comme l’une des dernières opportunités de désamorcer une guerre qui menace la stabilité de toute la région des Grands Lacs.
La sortie américaine intervient alors que plusieurs acteurs internationaux, dont l’Union africaine et l’Union européenne, ont déjà multiplié les appels au retrait des forces étrangères et à la protection des populations civiles. Pour l’heure, la situation sur le terrain reste critique : des dizaines de milliers de déplacés s’entassent dans des camps autour de Goma, tandis que les affrontements se poursuivent dans les zones rurales.
La fermeté affichée par Washington pourrait marquer un tournant diplomatique. Reste à savoir si Kigali et Kinshasa sauront traduire ces appels en actes concrets pour ouvrir la voie à une désescalade durable.
Emmanuel Kamba









