L’annonce de la réquisition de la peine de mort contre l’ancien président Joseph Kabila par le ministère public a provoqué une onde de choc dans le pays et au-delà. Pour Ensemble pour la République, formation politique de Moïse Katumbi, il ne s’agit pas d’une procédure judiciaire, mais d’une « manœuvre politique cynique » visant à réduire au silence un acteur majeur de la scène congolaise.
Dans un communiqué d’une rare virulence, le parti a dénoncé une « dérive autoritaire » du régime de Félix Tshisekedi, accusé de transformer la justice en « arme de répression massive » contre toute voix dissidente.
« Qu’on ne s’y trompe pas : cette instrumentalisation de la justice n’a rien à voir avec l’État de droit », fustige Ensemble pour la République. Pour le parti, la réquisition du parquet ne s’inscrit pas dans une logique de justice équitable, mais dans une stratégie de terreur politique destinée à intimider l’opposition et à diviser un peuple déjà meurtri par des décennies de conflits.
Depuis son arrivée au pouvoir, accuse le communiqué, le régime Tshisekedi aurait multiplié les faux procès, les persécutions, les arrestations arbitraires, les exils forcés et laissé impunis des assassinats politiques. « Aujourd’hui, c’est Joseph Kabila. Demain, ce sera chaque voix libre, chaque Congolais qui ose dire NON », avertit le texte.
Ensemble pour la République met en garde contre les conséquences d’une telle escalade. Exclure un acteur clé comme Joseph Kabila de l’espace politique congolais, c’est, selon le parti, « pousser à la radicalisation », torpiller les processus de paix de Doha et de Washington et ouvrir la voie au chaos.
« La paix ne naîtra pas de la terreur, mais du dialogue », insiste le communiqué, en appelant à la raison et à la responsabilité. Le parti souligne que la République démocratique du Congo « ne doit pas être l’otage des ambitions de personne ».
Et d’ajouter :
« Le régime peut tenter de museler les voix, mais il n’étouffera jamais la vérité », conclut le texte, promettant de « rester debout, aux côtés du peuple, pour une justice équitable, une réconciliation véritable et une paix durable ».
Face à ce qu’il qualifie de « simulacre de justice », Ensemble pour la République appelle le peuple congolais, la société civile et les forces politiques responsables à exprimer leur indignation. Le parti exhorte également les partenaires internationaux à rejeter cette dérive totalitaire et à exiger un dialogue inclusif sous médiation crédible.
Alfred Ngongo









