Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a échangé mardi 26 août, à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, avec le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, en mission officielle en RDC. La rencontre, qualifiée de « stratégique » par des sources proches de la présidence, s’inscrivait dans un contexte marqué par l’aggravation de la crise humanitaire dans l’Est du pays.
Au menu des échanges : l’évaluation de la mise en œuvre des engagements contenus dans l’Accord de paix signé à Washington ainsi que dans la Déclaration des principes de Doha. Ces instruments internationaux visent à renforcer la protection des réfugiés et des déplacés internes, dont le nombre dépasse aujourd’hui les 7 millions, selon les dernières estimations des agences onusiennes.
« La RDC traverse une crise humanitaire sans précédent. Nous avons besoin d’une réponse concertée, à la fois nationale et internationale, pour protéger les populations déplacées et restaurer l’espoir », signale du côté congolais.
De son côté, Filippo Grandi a souligné la détermination du HCR à accompagner Kinshasa dans cet effort colossal.
« La communauté internationale doit rester mobilisée. Le peuple congolais ne peut affronter seul une tragédie de cette ampleur. Nous sommes ici pour soutenir et renforcer les capacités du gouvernement congolais », a-t-il affirmé.

Les discussions ont également porté sur la préparation de la Conférence internationale sur la paix, prévue en octobre prochain à Paris. Ce rendez-vous diplomatique de haut niveau devra permettre d’harmoniser les messages clés et de mobiliser de nouveaux engagements financiers en faveur des réfugiés et déplacés internes en RDC.
Selon un conseiller diplomatique congolais, « le Président Tshisekedi veut faire de cette conférence une tribune internationale pour alerter sur la gravité de la crise à l’Est et appeler à une solidarité accrue ».
Cette visite de Filippo Grandi marque une nouvelle étape dans le partenariat entre Kinshasa et les Nations Unies en matière humanitaire. Elle s’inscrit aussi dans un climat diplomatique tendu, alors que la RDC continue d’accuser le Rwanda de soutenir activement les rebelles du M23, responsables d’une grande partie des déplacements massifs de populations.
En recevant le Haut Commissaire, Tshisekedi envoie un signal clair. La RDC compte sur le soutien international, mais entend aussi jouer un rôle moteur dans la recherche de solutions durables à la crise humanitaire et sécuritaire.
Emmanuel Kamba









